Mode
Voyage à bord du Galliera pour Azzedine Alaïa

Voyage à bord du Galliera pour Azzedine Alaïa

26 septembre 2013 | PAR Mariska Konkoly


alaia2Un parterre de bougies rallumait le cœur dormant du palais Galliera, mille lumières aux tonalités rouges et vives rendaient à l’espace sa grandeur d’autrefois. Une immensité qui se dressait sur les jardins, noirs de petites peuplades aux verres de champagne, le cœur battant, se dressant sur des talons aiguillés et attendant émues, la venue du créateur. Azzedine Alaïa ouvrait la bal de Galliera, accompagné au bras par Noami Campbell, venue en muse et amie. C’est au travers des pièces et des couleurs que l’identité du créateur s’est ouverte alors comme une fleur au matin, parsemée de robes prestigieuses.

Petites salles cachées, obscures pièces secrètes, élevant sur les plafonds infinis les murmures ébahis devant tant d’exploits. Une histoire longue, chaude au son de Tunis, ville de cœur du créateur. Grace Jones chantait ses louanges, les pièces mythiques faisaient leur danse, racontant les coupes signatures, les modèles suspendus. Surprise alors, le mannequin de cire s’effaçait derrière l’apparat d’or, comme invisible, les habits prenaient forme, vive allure humaine, essence subjuguée de la mise en scène.

Ainsi défilaient sous le son du cartel noir, des tenues de palais, sublimes effets de broderies du soir, allure princière, et virtuosité de la matière, jeux de nuances sur la peau, trompe-l’œil incandescent, prouesse du créateur. Azzedine Alaïa, l’homme qui meut le corps de la femme avec la matière, abordant la métaphore de la féminité en coupes contrastées et sensuelles. Cette période biphasée, où le zip prend place, soulevant la question de l’ouverture, dessinant des caractères cachés, aux capuchons chatoyants, inspirations venues d’ailleurs.

azzedine alaia1Le cuir, s’est fait travail ajouré sur la matière détournée en une dentelle obscure, une finesse en prouesse technique, laisse place à la couleur sous-entendue. Le créateur use d’un univers parfois ethnique aux mélanges minimalistes, revient à la matière première. Alors, voici les petites tenues en joie de la sculpture revêtue de léopard, faites de perles en louanges de féminité. Et puis l’ensemble, contrasté et reconnu, qui plonge ses songes au cœur de la vie d’Azzedine Alaïa, le blanc immaculé des sœurs de Tunis, austère blanc et col monté devenu ensemble en nuance. Et puis ces robes, qui semblent avoir parcouru les plaines lointaines, apparaissent comme tissées dans une Grèce helléniste, venues d’autrefois, un mélange historique en apparat sublime de jeu de transparence, de voilages, de broderies minutieuses.

Un parcours, au creux d’Azzedine Alaïa, poète de la mode moderne, qui offre ses plus belles lueurs dès le 28 septembre et jusqu’au 26 janvier 2014 au musée Galliera.

Palais Galliera, musée de la Mode de la ville de Paris, 10 avenue Pierre 1er de Serbie, 75016 Paris. Accès métro : Alma-Marceau, Iena, Boissière. Tarifs : exceptionnellement gratuit pour tous les 28 et 29 septembre prochain. Ouvert du lundi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

Visuel (c) : DR, Collection Automne-Hiver 2010, Maille jacquard de laine et élasthanne. Archives personnelles de Monsieur Alaïa © Illustration Aurore de la Morinerie – 2013.


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Mariska Konkoly

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