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Rencontre en apesanteur avec la créatrice Lan Yu

Rencontre en apesanteur avec la créatrice Lan Yu

26 septembre 2013 | PAR Mariska Konkoly

lan yuUn élan de volupté jouait des drapés longilignes qui parsemaient l’espace d’une odeur poudrée, mélange de pièces oniriques, brillantes de travail et de lumière, une poésie du détail, un conte de couture, un livre entrouvert sur la Chine, que nous a permis de découvrir Lan Yu. Créatrice éponyme d’un univers en hauteur, balayant les nuages et nous invitant aux fleurs à travers l’histoire de ses dessins, de ses coupes et des mystères de ses robes, à la beauté suspendue.

Du haut de ses 24 ans et de sa chevelure de jais, le sourire de Lan Yu a laissé place à un passage, embaumé de bulles et de poèmes autour de ses créations au décor fabuleux. Après un apprentissage prestigieux au sein de l’Institut de Design de Beijing puis au célèbre Fashion Institut of Technology de New-York, Lan Yu met en musique et en broderie son inspiration venue d’ailleurs, peuplée de fleurs, de lotus et de lys, de fleuves et de voyages. Ainsi, c’est la première fois que la jeune artiste vient présenter ses collections à Paris m’invitant au plaisir de l’élégance et de la féminité.

robe lan yuC’est un petit palais de charme qui s’est découvert autour de six robes au travail monumental, chacune au parcours joliment végétal, racontant la fleur, sa naissance et ses pétales. Lan Yu y accorde avec la broderie qu’elle travaille comme une seconde peau, un art chinois ancestral baptisé le « Susho », un tissage à la main d’une extrême finesse construit avec une minutie sans mesure. Un hommage à cet art, partie intégrante de la culture chinoise, tissage de susho, beauté du temps, qui demande des années de réalisation et de sage patience. Imprégné sur les robes, le susho se meut comme un tableau, vivant parmi les perles et les cristaux, cherchant le secret sous le volant de soie, racontant l’amour sous la dentelle, imaginant une féminité en exergue.

Pour le final, la robe en mariage, démultipliée de 20 000 floraisons virginales, naïves et déposées habillant la candeur sur une traîne enneigée. Elle se drape dans la soie et les oraisons blanches, perle comme la rosée du matin et s’habillant de fraîcheur vient se déposer comme une goutte d’eau. Au paradis blanc et couturier, Lan Yu espère bien ajouter à son volet un défilé parisien, qui aura lieu, nous le souhaitons au mois de février prochain.

Visuel (c) : Lan Yu.

 

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Mariska Konkoly

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