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Le défilé damier de Louis Vuitton

Le défilé damier de Louis Vuitton

08 octobre 2012 | PAR La Rédaction

Toujours très attendu lors des fashion weeks parisiennes, le défilé Louis Vuitton a créé l’événement le 3 octobre dernier, avec une collection sans aucun monogramme (sic !). Un pari risqué, mais relevé avec brio par Marc Jacobs, qui a choisi de rendre hommage à un autre motif phare de la maison : le damier. Retour sur l’un des shows les plus inspirants de la saison.

Le monogramme est mort, vive le monogramme !
En bannissant le monogramme, ce défilé printemps-été 2013 a pris des allures d’hommage et de manifeste. Un manifeste qui nous rappelle, si on l’avait oublié, que Louis Vuitton se veut une maison pointue et pourquoi pas avant-gardiste, soucieuse de dépoussiérer continuellement son héritage. A tous ceux qui ont reproché à Louis Vuitton le côté trop « marqué » de ses produits, à ceux qui ont douté de sa créativité et de sa capacité à se renouveler, Marc Jacobs s’est attaché à montrer la capacité créative de la maison, loin de toute ostentation. Pour rester fidèle à l’identité de la maison malgré cet audacieux parti-pris du zéro monogramme, le créateur a choisi de rendre hommage au damier, l’autre motif iconique de la marque. Dans l’imaginaire de la maison, le damier constitue le véritable pendant du monogramme : moins tape à l’œil, plus contemporain, il est souvent proposé comme alternative à la toile monogramme pour les articles de maroquinerie. Un motif idéal pour mettre en valeur le versant créatif et moderne de la marque.

Un décor géométrique et pop, signé Daniel Buren
Pour le décor du défilé aussi, Marc Jacobs a joué la carte de l’innovation et de la créativité. On est loin de l’atmosphère romantique des dernières saisons : plus de manège ou de vieille locomotive, c’est cette fois sur d’immenses escalators – à motif damier, eux aussi – que les mannequins apparaissent. Et pour le podium, l’artiste contemporain Daniel Buren a imaginé un immense dallage jaune citron et blanc, aux allures d’échiquier pop. Le résultat impressionnant est presque un  deuxième Monumenta en 2012.

Une silhouette graphique chic
Selon Marc Jacobs, c’est encore Daniel Buren, artiste célèbre pour ses installations très graphiques, qui aurait été la source d’inspiration de la collection. L’ensemble des créations se présentent ainsi comme une immense variation autour du carré. Le damier est décliné dans toutes les tailles, en jaune, beige, noir ou gris perle. Les coupes sont elles aussi strictes et géométriques : jupes droites, plissés impeccablement plats, vestes structurées et étriquées, décolletés carrés, sacs à main invariablement rectangulaires…
Seule entorse au leitmotiv géométrique du show : un intermède asiatisant, conçu autour de motifs fleuris, comme dessinés d’un trait d’encre de Chine, qui renouvellent avec poésie le motif damier.

Alors, pari tenu ? Avec un nouveau show spectaculaire comme Marc Jacobs en a le secret, Louis Vuitton nous rappelle une fois de plus qu’il maîtrise à présent le prêt-à-porter aussi bien que la maroquinerie. Plus encore, le défilé de cette saison donne à espérer pour la marque une orientation esthétique radicalement nouvelle. Louis Vuitton sans monogramme ni ostentation ? Et si c’était possible ?

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La Rédaction

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