Mode
[INTERVIEW] VELAZCOxURPI : Une jeune marque franco-péruvienne en devenir

[INTERVIEW] VELAZCOxURPI : Une jeune marque franco-péruvienne en devenir

02 décembre 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

C’est au Pérou que José Velazco et Sarah Forst se rencontrent et donnent naissance à VELAZCOxURPI. Sarah Forst est alors en stage dans l’industrie du textile et José Velazco, péruvien de naissance mais parisien d’adoption, monte son projet personnel comme styliste. Leur union est un véritable pont culturel entre la mode française et le savoir faire ancestral des artisans péruviens. Toutelaculture a rencontré pour vous Sarah Forst. 

Comment vous est venue l’idée de créer votre marque, avez-vous eu un élan d’inspiration ?

Je me suis toujours destinée à l’achat dans l’industrie du textile. J’ai fait une école de commerce et je suis maintenant en Master à l’Institut Français de la Mode. Je suis passionnée de textiles, d’étoffes du monde entier. Je les collectionne. Lors d’un stage à l’étranger, j’ai eu la chance de partir au Pérou et de travailler dans le département import-export textile d’une agence gouvernementale. J’ai rencontré José Velazco sur place. Il habite Paris depuis 15 ans. Il dessinait déjà ses propres créations. Il avait établis un conséquent « sourcing » au Pérou, c’est-à-dire une sélection de matériaux. Il avait ainsi un très large réseau de fournisseurs. Cette rencontre a été un véritable coup de foudre créatif, nous menant à créer VELAZCO x URPI, une évidence pour nous. Velazco, c’est José et Urpi c’est moi ! Urpi signifie « colombe » en Quechua, la langue native du Pérou. Nous pensons les pièces à deux. Chaque vêtement est le fruit d’une recherche commune : entre nous et avec les artisans péruviens qui nous transmettent leur savoir-faire.

Parvenir à entrer dans ce milieu très concurrentiel est compliqué, par quels moyens avez-vous pu initier ce projet ?

Pendant mes études, j’ai appris à développer des projets : monter un business plan, un plan financier. On a calculé combien il fallait débourser pour le projet et nos proches nous ont aidé. José et moi sommes actionnaires chacun à 50%. Le siège social est à Lima et nous avons créé une succursale en France. En tant que jeune femme, et « gringa » (une blanche), il a été difficile de me faire une place, savoir bien négocier les prix, mais j’ai su me faire une place. Plus le temps passe, plus nous sommes aguerris, nous apprenons de nos erreurs. Pour beaucoup de choses, nous sommes complètement autodidactes.

Comment vous viennent vos créations ?

Avec José, nous parlons énormément. Nous nous inspirons beaucoup de l’histoire du Pérou mais aussi des vestiaires des années 60’s à 80’s. Notre première collection LIMA-PARIS est très pastel. José est très minimaliste, noir et blanc, utilise des formes géométriques. De mon côté, j’aime les couleurs explosives, les « froufrous », le tressé. Nos deux univers fusionnent. Pour chaque collection nous sommes partis d’une histoire. On définit une gamme de couleurs puis un plan de collection. Ensuite chaque pièce est travaillée avec des modélistes. Le prototype final peut être validé dès les premiers essais. Il y a d’autres pièces qui vont prendre plus de temps, nous allons faire plus de recherches.

En quoi votre marque se diffère des autres ?

Tout d’abord l’origine : inspirée et fabriquée au Pérou. De plus les matériaux que nous utilisons sont uniques : beaucoup de cuirs, d’alpaga, de laine vierge. Nous voulons proposer de la qualité, l’idée étant, pour le consommateur, d’acheter moins mais mieux. Nous essayons de trouver différents usages à nos vêtements, en les déclinant, grâce à des cols amovibles. Nous avons fait des kimonos double-face, des vestes que l’on peut raccourcir. Nous utilisons des tissages que les péruviennes utilisent pour porter leur bébé. Nous voulons vraiment mettre la qualité des matériaux en avant, mixer de nombreux matériaux ensemble. Nous apprenant énormément des artisans, c’est un dialogue permanent. Le Pérou est porteur de sens et d’histoire. Nous espérons, avec VelazcoxUrpi,  promouvoir le Pérou, raconter une histoire derrière chacune de nos créations.

Comment définissez-vous la mode et qu’apporte-elle à vos yeux ?

La mode est très utile aujourd’hui pour prendre la tension d’une époque. C’est un très bon outil pour étudier la situation économique d’un pays, ses mœurs. De mon côté, je suis la mode de loin, je ne regarde pas tous les défilés, mais j’aime l’idée qu’un vêtement fasse partie de son identité, c’est une façon de s’exprimer. J’aime beaucoup m’habiller, c’est à la fois un respect pour moi et pour les autres. J’adore marier les pièces de différents horizons. Depuis que j’évolue dans le milieu de la mode, je suis bien plus ouverte aux différents styles. Ce qui m’intéresse c’est de voir comment une personne est parvenue à s’exprimer par son habillement. La mode reste très subjective, comme la beauté.

Quelle est la clientèle que vous visez ?

Notre clientèle est connaisseuse des matériaux nobles utilisés, la qualité de la matière, elle est sensible au toucher, curieuse, sensible à la mode. Ce sont des voyageurs, des personnes ouvertes à toutes choses, qui peuvent passer du hip-hop à l’opéra. Une pièce VELAZCOxURPI se garde toute une vie, en prenant le soin nécessaire bien entendu. Il y a une histoire à raconter derrière chacun de nos vêtements. C’est pour ça que pour le moment je suis réticente aux e-shop, il nous faut l’expérience boutique : le client doit toucher notre produit, il vit !

La nouvelle collection La Trabajadora est déjà disponible dans le magasin Lekker Kkoncept store.

© visuels : DR

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Alexander Mora-Mir

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