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Haute-Couture en haute voltige pour le printemps-été 2015 à Paris

Haute-Couture en haute voltige pour le printemps-été 2015 à Paris

01 février 2015 | PAR Mariska Konkoly

C’est un hymne à la reine des mille et une fleurs qui s’est levé sur cette collection haute-couture signant le printemps-été 2015. Une valse de composition végétale qui s’est faite parure et traîne majestueuse, incarnant les broderies, instaurant magie et volume extrême, débordant de pétales et de dentelles. Un conte historique où les créateurs ont prêté leur plume aux plus précieux défilés. Retour sur une poétique semaine de couture à Paris.

Atelier Versace entre en scène et inaugure les premières gammes de son défilé par des figures seventies, le grand retour de la capuche, au son des paillettes disco et des ultra-violet. Plus près du corps encore, des robes aux spirales sensuelles qui se meuvent, voluptueux plis et soies brillantes formaient de nouvelles silhouettes à l’image de la maison, une féminité toujours exacerbée. Chez Schiaparelli, incarné pour sa dernière représentation par Marco Zanini qui signe un univers version colorama extrême, de longues traînes brillantes, vibrantes matières, volumes majestueux, dans un décor vénitien, le créateur  a allumé de nouvelles ruelles, petites lumières sur lesquelles se dessinaient des ombres, des silhouettes habillées.

Défilé Schiaparelli Haute Couture Printemps-Eté 2015.
Défilé Schiaparelli Haute Couture Printemps-Eté 2015.

Pour Dior, Raf Simons a imaginé une collection en tableaux impressionnistes, toile floue sur les manteaux aux allures de plexi’ , mélange de rigides drapeaux et à une signature vaporeuse recréant l’esprit de la maison à travers les âges : 50’s, 60’s et même 70’s  pas de chapeaux melons mais des cuissardes pop en vinyle. Comme une fleur ouverte, la femme Dior s’est faite maîtresse de toutes les saisons, incarnant la toilette du soir en bustier ou le manteau de l’après-midi, veston court et vert herbier. Chez Giambattista Valli, la femme se veut sensuelle, jolie mante religieuse dressée sur une attitude très parisienne, visage surmonté de voile moucheté et d’un nœud enfantin, les jeunes filles en fleurs de la Rive Gauche marchent sur des robes époustouflantes, pastels incandescents et froufrous gigantesques, robes de princesse, enfermées de soie et entrelacées de guimauve, la mini jupe aussi fait son apparition, en plume toujours suspendue, l’âme vierge et le sourire en forme de bonbon !

Défilé Dior Haute-Couture Printemps-Eté 2015.

Crinière de plumes chez Alexis Mabille pour un univers qui oscille entre le futurisme et le doucement retour au 90’s, manteau de géant en parure géométrique et argentée, la grande signature du créateur : le nœud retrouvé en version du soir et XXL tandis que les transparences brodées reviennent, et même le corset outrageux ! La poétesse de la Haute-Couture alias Yiqing Yin avait manqué au tableau des défilés l’an passé, la voilà de retour avec une collection à l’image de son élégance, toute en monochrome de gris, de bleu nuit, de noirs parfaits, des silhouettes graciles et délicates ont fait danser les plis, les nœuds, les drapés voluptueux, des découpes transparentes… merveilles.

« Le nouveau décolleté, c’est la taille » scande Karl Lagerfeld, le grand retour de la voilette, des chapeaux hippiques ont fait renaitre l’audacieuse femme  Chanel, les vestes courtes pigmentées d’années 60, le tweed iconique toujours mieux réinventé redore ses anciens blasons de couleurs pourpres, des superpositions de fleurs qui semblent avoir poussé pour le printemps et paré de vives couleurs les robes du défilé.

Défilé Chanel Haute-Couture Printemps-Eté 2015.
Défilé Chanel Haute-Couture Printemps-Eté 2015.

 Changement de décor chez Bouchra Jarrar, du bi-matière en leit-motiv qui se donne pour écho le cuir et le pied-de-poule, inspiration rock pour des perfectos près du corps et des jupes ultra-courtes mais tellement chic. Univers dark black retrouvé également chez Alexandre Vauthier, plein phares sur cette combinaison en vinyle qui donne envie de s’appeler April O’neil, en version mini et velours aussi, bottes hautes tantôt en daim, légèrement froissées. Des figures aux allures cavalières, des magiciennes en capes , des silhouettes mystérieuses…

Voyage oriental chez Armani Privé qui, entre les murs du Palais de Tokyo a fait défiler des silhouettes japonisantes et réinventées, le kimono retrouvé sous les soies, les imprimés de bambou noir et les manteaux du soir, cols ornés de tiges et franges millimétrées s’amusent en ornements de volumes. De la plume extravagante et maîtresse aussi tout comme chez Elie Saab qui a paré ses princesses de pierres, de diamants, de robes majestueuses et de traînes fulgurantes, à l’image d’un Gatsby, le créateur réinvente les années 30, les toilettes d’autrefois en version géante.

Black and white et quoi de mieux pour délivrer toute l’originalité de Jean-Paul Gaultier, le créateur invite des figures ultra-sensuelles, redore le port de la jarretelle sous des costumes à même la peau, rend aux cérémonies leurs plus beaux costumes et invite même Naomie Campbell pour célébrer la fin du cortège. Monochrome chez Viktor & Rolf, un rouge-orangé sur le sol comme sur les mannequins, une palette intense pour des formes nouées en lourds habits de velours, tachetées et zébrées, juste détournées !

Pour le grand final, le duo de Valentino a fait tourné les têtes sur ses ornements teintés d’inspirations slaves, costumes russes revisités de rouges pourpres, vin généreux et dentelles, broderies picturales, et intenses capes de laine ont fait danser les superbes matriochkas.

Visuels (c) : www.dior.com ; www.chanel.com ; www.schiaparelli.com

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Mariska Konkoly

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