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Défilé hautement couture à Paris, manifeste d’une mode plastique sur mesure

Défilé hautement couture à Paris, manifeste d’une mode plastique sur mesure

07 juillet 2013 | PAR Mariska Konkoly

valentinoLe travail était de mise sur ces volumes aériens et spationautes qui dévalisaient les catwalks à la manière sereine et détachée sur un bruit sourd et vaporeux. Une marche de lumière qui crépitait alors, enveloppant de caresses les suaves matières multicolores, appelant sans faiblesse la maîtrise dévorée de parures minutieuses et éprouvées. Un mélange cosmique, au loin des contrées et des arboréales de couture qui défilaient sans remords.

Vers le futur. L’émancipation onirique était telle, qu’elle explosait en plein vol laissant derrière elle des gravats, et des rochers deci-delà, disposés en formation du chaos, dessinant des paysages futuristes en hauteur. Chanel, imagine les coupes marquées et les éclats de brillance qui définissent ainsi les silhouettes sombres et palpitantes. La ceinture en arme bouclière d’une guerrière venue d’ailleurs en habits de lumière. Le masque ainsi se faisait signature et étrange songe chez Maison Martin Margiela, qui défile sous les notes sourdes et le bruissement du plastique humidifié. Tels des spectres de l’avant-garde qui en gardiens de la poésie couturière, gravaient des petites fleurs en relief, martelaient leurs précieuses pierres sur des habits au minimalisme avancé. Sculpture sans décadence aucune, et expression plastiquement conceptuelle où la matière devient alors réelle chez Iris Van Herpen, métaphore adoubée d‘un corps exalté qui défit les lois de la gravité. En suspension invisible, se démultiplie les plumes et des épaules étonnantes aux coupes à l’attitude virtuelle.

Epiphanie. D’un désir conjugué en transparence et en apparats historiques. Valentino appelait à une ère baroque et épique, des paysages monarchiques habités de costumes d’autrefois dessinaient du velours et des dentelles, des pierreries et des effluves en arabesques. Ainsi palpitaient le tweed et les émois de sphères renaissantes, de doux coraux démultipliés et remarquables de préciosité. Le monochrome était alors à l’instar d’une présentation bien attendue avec la plus grande des impatiences, Viktor & Rolf avait revêtu de noir les oiseaux de nuit qui criaient en silence. Des éléments ainsi assemblés dans une romantique austérité, des coutures moulées et fondues sous une accumulation unie et délicate. La couleur en dégradés de nuances, habitait les taffetas et les soies immaculés de cristaux incandescents chez Elie Saab. Un appel à la blancheur virginale, s’alliant au pourpre sanguin qui coule avec merveille sur la nuit bleue et étoilée.

Un épisode qui s’étend sur une palpitation rare et émouvante qui répond à l’appel de Giambattista Valli où la promesse d’une couture amoureuse. Des jupons qui s’accumulent avec démesure et de la fraîcheur qui côtoie à merveille les longues enjambées et les petites fleurs de soie brodées dessinant des jardins de magie, des temples éphémères. Et, de la rayure et des enchevêtrements colorés qui s’assemblant, parcouraient les courbes de Dior aux colorants forts et éclatants.

Visuel (c) : www.valentino.com

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Mariska Konkoly

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