Spectacles

Wu Wei l’équilibre parfait du spectaculaire avec la nature, la musique, le mouvement et la pensée

Wu Wei l’équilibre parfait du spectaculaire avec la nature, la musique, le mouvement et la pensée

07 juillet 2013 | PAR Bérénice Clerc

Après L’Art de la fugue avec Bach, Marie Fonte et Yoann Bourgeois partent en Chine avec Wu-Wei sur les notes de Vivaldi et tissent l’histoire d’un pays avec poésie.

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La chaleur estivale tombe net sur la capitale, la Villette gorgée de monde ouvre sa grande halle à Yoann Bourgeois le circassien, l’Empire Chinois et ses artistes, Vivaldi, ses quatre saisons jouées par Jean-Christophe Frisch et son Balkan Baroque Band.

Une odeur d’herbe fraîche flotte dès l’entrée, les spectateurs s’installent, face à eux un carré de gazon, vert comme l’espoir entouré de pendrillons à lamelles noires. Au centre deux hommes discutent, ils seront trois, puis quatre, huit, dix, onze hommes et femmes à discuter sur le sol. La première image est très belle, une poésie se dégage de cette scène, le Concept issu de la philosophie taoïste, Wu Wei, le « Non-agir », un état d’équilibre parfait, où l’homme est en harmonie avec la nature est palpable.

Des musiciens s’installent à jardin, les quatre saisons réinterprétées démarrent, l’espace devient immense, une course éperdue commence, seul, à deux, à plusieurs, ils traversent le plateau comme on fendrait le temps, glissent, vacillent, coupent le vent et vibrent au rythme de la musique.

Comment raconter la Chine, son Empire, son histoire dont nous n’avons souvent que des images brèves, clichés pour français, de musique, de cirque, de communisme et d’entreprises sans droit de l’homme ?7579-IMG_1618

Il n’est pas nécessaire de tout expliquer, les corps parlent, les artistes de Dalian font de leurs gestes une frise historique vécue, poétique et enlevée.

 Une voix off guide, fige les personnages fait se rencontrer la grande et les petites histoires. Acteurs, danseurs, acrobates, poètes, faiseurs de belles images, les comédiens sont tous investis, ils emportent les spectateurs dans un univers hypnotique aux limites de l’apesanteur. Yoann Bourgeois réussit à faire voyager les spectateurs, les sens et la pensée en éveil ils touchent du doigt la Chine, son peuple, ses souffrances. La perte de l’art de l’Opéra, les cirques, Mao, la violence, les dragons du nouvel an, les chanteuses traditionnelles, les jeunes, les vieux, la mondialisation, les différences, l’uniformité, les militaires, les mafieux, le pouvoir, la vie, l’humain, l’inhumain, les ombrelles, les lancers d’assiettes, la danse des bâtons, les vélos, le stade des J.O, l’obligation de se taire, des siècles de culture tout y est, transcendé, libre, fluide arraché des méandres de la pensée uniforme.

Un beau spectacle, riche, complet, travaillé au souffle près, vécu par chaque corps, pensé pour la scène et créateur d’images uniques, superbes comme on aimerait en voir plus souvent sur les plateaux où le spectacle peine à rester vivant.

Visuels : (c) : La Villette.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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