Mode
[Bruxelles] The Belgians, les belges dieux de la mode aux Bozar

[Bruxelles] The Belgians, les belges dieux de la mode aux Bozar

05 juin 2015 | PAR Yaël Hirsch

Entendrait-on un petit cri de cocorico belge autour du chiffon? Via une exposition flamboyante et le Summer of fashion qui secoue Bruxelles, les Bozar, en partenariat avec l’école de design et de mode MAD Brussels, rend hommage à la créativité belge en matière de mode sur un mode hyper-énergique et assez patriote. Une exposition passionnante, flamboyante et qui se moque de toutes les frontières, y compris celle des langues et qui sous son titre unitaire « Les Belges » pourrait bien faire de la mode un étendard d’union nationale….

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Dans les 5 dernière années le belge Ralf Simons a pris la tête de la création chez Dior, remplaçant un John Galliano, qui vient de prendre la création de la maison la plus représentative de la créativité belge des 20 dernières années : Martin Margiella. Au même moment,  Kris van Assche est passé à la DA de Dior Homme. Selon le commissaire de l’exposition « The Belgians », Didier Vervaeren : « il était temps ». Trente ans après l’émergences des fameux « Six d’Anvers » (Dries Van Noten, Dirk Bikkembergs, Marina Yee, Dirk Van Saene, Walter Van Beirendonck et Ann Demeulemeester), il était temps d’emmener la mode au Bozar et de présenter dans toute sa créativité « La grande famille de la mode belge ».

Grandiose et généreuse, l’exposition commence par un tribut au surréalisme belge, réservoir de créativité et de déraison que tous les créateurs auraient en commun. La « vitrine amusée et amusante de notre Belgitude » (Didier Vervaren) où trône le trophée de la Canette d’or (plus haut prix de mode, créé dans les années 1980) nous met sur la piste du sous-texte passionnant de l’exposition : il y a un génie belge unifié que la mode met en exergue de manière privilégiée.

C’est sous forme d’un défilé de mannequins qui fait penser aux grandes installations de Jan Fabre, que 100 ans de ce génie sont présentés in situ, de la maison mère de couture belge Norine (années 1920) aux pionnier d’aujourd’hui. Entre 1920 et  1980, l’expo garde un voile pudique sur ce qui se passe, mais une chose est sure : le grand plan textile amené à la reconversion du secteur en 1981 sous la houlette de Helena Ravijst sous le slogan « Mode c’est belge ». Depuis les années 1980 donc, aussi bien à l’Académie de Mode d’Anvers, qu’au département de mode de La Cambre, la créativité est à son comble.

Elle est incarnée par des grands noms que l’on découvre et redécouvre, à travers un clin d’oeil à leur narcissisme dans une série de portraits (l’iconique Ann Demeulemeester, la noble Diane von Furstenberg, Olivier Theyskens, Elvis Pompilio et ses chapeaux fous ou encore Walter van Beirendonck).

Puis l’on s’intéresse aux liens avec l’industrie et au travail sur les matières. Et là Martin Margiella a sa petite section solo.

Toujours sur le mode de l’esquisse élégante, les « vocabulaires » de certains créateurs se font entendre dans des petites chapelles qui mettent en exergue univers artistiques et singularités. Ce qui mène naturellement aux collaborations avec des artistes (Ralf Simons – Ruby Sterling) et volontiers avec des chorégraphes (autre domaine d’excellence belge avec par exemple les création de Dries Van Noten pour Anne Teresa De Keersmaeker).

La grande salle « Limitless » présente les créations belges les plus folles qui ont reçu les plus grands prix dans le monde. Tandis que « Worthwile » montre l’intérêt particulier de ces derniers pour tout ce qui est éthique, écologique, durable.

Et l’on finit l’exposition par une plongée en plein dans le métissage du Summer of fashion de cet été, puisque la dernière salle présente des nus de la créatrice anglaise Vivienne Westwood par le photographe Juergen Teller, face à une sélection par le MAD Brussels de 12 jeunes créateurs à suivre, chacun représenta par un mannequin portant une de ses créations.

Anti-catalogue raisonné, l’exposition Les Belges touche au nerf de la créativité à la belge et fait brillamment la démonstration qu’il y a bien un génie national, qui a brillé comme un astre, notamment sur le monde de la mode, les 30 dernières années. Et le pari est que ça ne fait que commencer.

Visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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