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Brancusi exposé avec académisme dans le cadre de Europalia Roumanie à Bozar

Brancusi exposé avec académisme dans le cadre de Europalia Roumanie à Bozar

20 janvier 2020 | PAR Yaël Hirsch

Prolongée jusqu’au 2 février, l’exposition phare de l’évènement Europalia Romania est dédiée à Constantin Brancusi (1876-1957). C’est la première exposition consacrée à cet artiste particulièrement polyvalent en près de 25 ans en Belgique. Un déroulé thématique et académique, qui permet de voir des oeuvres rares, aussi en présence d’œuvres de ses maîtres et contemporains.

Après une fresque qui revient sur l’Histoire de la Roumanie en général, avec un fort accent sur sa culture, l’exposition Constantin Brancusi est une des plus grandes qui a été dédiée à ce pionnier du modernisme. Elle présente par ordre thématique des œuvres maîtresses de Brancusi, dont la Muse endormie, Le Baiser et Leda, issues de musées et de collections privées du monde entier.

L’on commence donc très classiquement par la chronologie de la vie de l’artiste, arrivé à Paris an 1904 à l’âge 28 ans, avec comme seul moment vraiment cocasse, largement documenté plus tard dans l’exposition, le procès qui a eu lien en 1927 pour prouver aux Etats-Unis que Oiseau dans l’espace et 19 autres sculptures qui passaient la frontière pour une exposition étaient bien des … oeuvres d’art et donc non soumis aux droits de douane

Puis l’on entre dans les oeuvres de jeunesse en Roumanie, qui s’apparentent à des sculptures d’enfants naïves.  Déjà, les sculptures sont montées sur des socles métallisés ou rehaussées par du bois, en milieu de pièce, comme on ne le fait plus dans les musées depuis plus de 20 ans. A Paris, l’exposition met l’accent sur l’ombre de Rodin Mais aussi l’influence de Lehmbruck. Montrant la voie exigeante de sa pratique de la taille brute, le parcours explique comment Brancusi trouve sa propre voie en 1907 avec trois œuvres: Le Baiser, La Sagesse de la Terre et La Prière. Elle rassemble ensuite véritablement les pièces majeures, toujours exposées de manière très hiératique, pour se terminer par un espèce de retour aux sources avec le complexe monumental réalisé par Brancusi pour la ville roumaine de Targu Jiu. 

Riche de nombreuses photos et de quelques documents vidéo, réunissant des œuvres phares de Brancusi venues du monde entier (volontiers des États Unis mais aussi de Rio et on y trouve aussi la muse et la Leda de Pompidou et l’on réalise qu’il n’y a pas beaucoup de pièce majeures en Roumanie) aussi bien ses sculptures que des dessins, l’exposition suit son cours avec calme et méthode. Elle détaille point par point tout ce qui peu se dire sur la simplicité des lignes, l’implicite du mouvement et la recherche de l’envol chez Brancusi mais ne permet pas vraiment de le voir autrement que dans nos souvenirs poussiéreux de manuels d’histoire de l’Art. En effet, c’est un grand sculpteur. Mais que nous dit-il ici et maintenant? A chacun le soin de l’imaginer.  Une rétrospective qui manque d’angle,  à voir pour la réunion d’œuvres et la saisissante salle des Muses.

Visuel : Brancusi Constantin, Muse endormie, 1910 © Centre Pompidou, MNAM-CCI, © Sabam Belgium, 2019

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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