Expos

« Spanish Still Life » : la nature morte de Velasquez à Barcelo, au Bozar de Bruxelles

« Spanish Still Life » : la nature morte de Velasquez à Barcelo, au Bozar de Bruxelles

05 mai 2018 | PAR Yaël Hirsch

La nature morte espagnole s’expose sur 400 ans au Bozar de Bruxelles. Une rétrospective qui va de Velasquez à Barcelo, à voir avant le 27 mai. 

[rating=3]

Tout commence avec Juan Sanchez Cotán et des fruits suspendus au toit début du XVIIe siècle. Bien sûr à l’origine la nature morte espagnole après Charles Quint s’inspire de la tradition hollandaise. Velasquez s’arrange d’ailleurs pour y glisser quatre portraits en miroir dans Le Christ dans la maison de Marie et Marthe (1618).

La nature morte fait école, s’élargit aux scènes d’auberge et devient un genre établi des 1620. Quand il s’agit de fleurs, le genre s’appelle floreres et se démarque du bodegon avec notamment le très beau vase de Juan Fernandez el Labrador. Venise fait irruption et la suite du 17 e est plus sensuel et coloré avec Pedro de Comprobin ou Antonio Ponce. En miroir, la vanité s’impose aussi avec des grandes tables sombres où trône un crabe signées Antonio de Peredz ou Andres Deleito. Une pièce reprend le thème des floreres et lui adjoint celui – vibrant – du garde-manger (Jeronimo Jacintl Espinosa, 1650).

L’académisme frappe au 18ème et heureusement que le vaisselier de Bernardo Lorenzo German est ouvert pour laisser passer un peu de désordre !  Enfin arrive le Grand Goya : ces pintades et ses poissons ne frétillent plus dans deux toiles de 1812. Pas plus que les oiseaux de Enguinados (1807).

L’exposition fait ensuite brusquement un saut dans le temps pour arriver aux années 1910 et aux natures mortes cubistes de Picasso et Juan Gris, puis au surréalisme de Dali et Miro (superbe Nature morte avec vieille chaussure de ce dernier, 1937, venue du Moma). A découvrir également les Bodegon plein de vanité de José Gutierrez Solana (années 20 à 40)ainsi que le travail à la Brauner de Benjamin Palencia.

La fin de l’exposition est consacrée aux « confins de l’abstraction et du pop art » avec une œuvre de Miguel Barcelo (un Grand Dîner espagnol de 1984 qui aurait suffi en point d’orgue) et des toiles de Cronina, Zobel et Lopes. En revanche l’on aurait aimé plus d’explications : l’on se demande où se situe Anton Tapies et quel est l’héritage du Bodegon dans les oeuvres espagnoles contemporaines…

Visuel : Diego Velázquez, Christ in the House of Martha and Mary / Cristo en casa de Marta y María Ca. 1618 Oil on canvas, 60 x 103.5 cm © National Gallery, London

Infos pratiques

Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
Musée d’Ixelles
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *