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Une rétrospective Keith Haring colorée et engagée au Bozar de Bruxelles

Une rétrospective Keith Haring colorée et engagée au Bozar de Bruxelles

17 janvier 2020 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 19 avril, Bozar propose la rétrospective la plus complète en Belgique de l’artiste Pop, génial, engagé et parti trop tôt, principalement actif dans les années 1980, Keith Haring. Une exposition que les grandes proportions du lieu et que son souci pédagogique classent parmi les plus grandioses que nous ayons vues, depuis la rétrospective du Musée d’Art Moderne de Paris (lire notre article). 

Avec ses murs jaunes, sa musique d’époque et l’espace du Bozar devenu lofty, l’exposition Keith Haring nous plonge immédiatement dans l’effervescence new-yorkaise des années 1980. Le climat est aussi résolument politique, avec des affiches réalisées pour des causes, notamment en Afrique et une série d’interviews de jeunes activistes et plasticiens d’aujourd’hui inspires par Haring. « L’art devrait être quelque chose qui libère l’âme provoque l’imagination et encourage les gens à aller plus loin » disait Keith Haring … Le riche parcours de  l’exposition le prouve.

La première salle est celle de l’enfance sous tous les modes : inspiration Disney et premiers travaux, sur le mode de la performance à la School of visual Arts à la fin des années 1970, mais aussi des tempera sur caoutchouc sans titre des années 1980. Très vite arrivent les œuvres engagées sur l’Apartheid ou le désarmement nucléaire…. L’on passe une porte et la scénographie redevient décor d’époque : le mouvement et l’art urbain règnent dans une salle sombre qui parle du graffiti du métro new-yorkais, montre Haring grafant et nous replonge dans l’univers mythique du film Wild styles (1981).

L’on se penche ensuite sur le rôle de commissaire de Keith Haring pour le Club 57,  avec des diaporama très fournis des événements qui y ont eu lieu. Et l’on sort de la pénombre pour entrer dans la lumière de l’explosion pop avec notamment la création de la « Pop Shop » en 1996. Fervent défenseur de l’idée « Art is for everybody » et que  la commercialisation donne accès à l’art à tous, Haring était un génie du commerce ET de la démocratisation de l’art.

Avec des pièces rares (10 dessins sans titre du e collection particulière de 1988), de grands espaces, de riches documents d’archives, dès pièces monumentales même quand il s’agit de dessins (Apartheid, La Matrice, un Sans titre immense de 1984), cette grande rétrospective est très didactique (points sur le DIY, explication de qui sont les personnages importants de l’époque, point sur la contreculture pop). Son parcours à la fois thématique et chronologique est maîtrisé et l’exposition se termine comme elle a commencé : en politique avec les œuvres si impressionnantes de la mobilisation pour la lutte contre le sida et contre l’homophobie. 

Un incontournable si vous passez par Bruxelles. 

visuel : Keith Haring (1958-1990), Untitled, 1981, Sumi ink on paper, 95,3 x 125,7 cm © Keith Haring Foundation, Private collection, courtesy Martin Lawrence Galleries 

Infos pratiques

Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
Musée d’Ixelles
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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