Classique

Au Bozar de Bruxelles, un Belgian National Orchestra brillant malgré la théâtralité de Gavrylyuk

Au Bozar de Bruxelles, un Belgian National Orchestra brillant malgré la théâtralité de Gavrylyuk

05 février 2019 | PAR Alexis Duval

Acoustique impeccable, clarté et profondeur du son… Le concert dominical du 3 février dans la Grande Salle Henry Le Bœuf du Musée des beaux-arts a été l’occasion d’un déploiement de belles harmonies.

 

Ouvrir un programme avec La Moldau comme l’a fait le Belgian National Orchestra, dimanche 3 février au Bozar de Bruxelles, c’est capter immédiatement l’attention de l’auditoire de la Grande Salle Henry Le Bœuf. Bedrich Smetana (1824-1884) a composé son poème symphonique le plus célèbre en 1874 en s’inspirant de mélodies populaires. Et si une impression de liquidité dans l’écriture se dégage à l’écoute de ce classique, ce n’est pas pour rien : la Moldau est le nom allemand de la Vitava, l’un des cours d’eau qui traverse Prague, la ville dorée. Choix de tempo excellent – ni trop hâtif ni trop lent -, grande maîtrise des nuances… L’exécution du Belgian National Orchestra, dirigé par le Français Bertrand de Billy, avait fière allure. Même s’il est regrettable que les cuivres, habituellement majestueux, aient été parfaitement inaudibles dans le tourbillon qui suit la dernière reprise du thème.

Pour la deuxième partie, le Concerto pour piano n°3 de Serguei Prokofiev (1891-1953), l’orchestre, aux cordes pléthoriques, s’est légèrement réduit et a laissé un peu de place pour l’instrument mis à l’honneur de cette œuvre de 1921. Les allures de marche du premier mouvement ont été gâchés par la théâtralité du jeu de l’Autrichien d’origine russe Alexander Gavrylyuk. Ses attaques faisaient beaucoup trop bouger son instrument. Heureusement, le son, dont la clarté était remarquable durant tout le concert, n’en a pas été perturbé outre mesure.

Magistrale Symphonie de César Franck

Les deuxième et troisième mouvements, où l’interprète, dont la grande maîtrise technique était indéniable, a fait preuve de l’expressivité et de la nuance requises par la partition. Même si son visage se crispait dans des passages pleins de douceur… En guise de bis, Alexander Gavrylyuk a régalé le public en interprétant, sans orchestre (contrairement à l’œuvre d’origine) et en suivant un tempo particulièrement vif, l’adaptation pour piano de la Marche nuptiale du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn. Un moment d’une virtuosité épatante.

La dernière pièce du programme, la Symphonie du Belge César Franck (1822-1890), composée entre 1886 et 1888, était magistrale. Amplitude, profondeur, dialogues entre cuivres et cordes : avec ses attaques parfaitement exécutées, le premier mouvement a démontré la maestria de l’orchestre et de son chef Bertrand de Billy. Les interprètes ne se sont pas laissés perturber par le bruit strident et extrêmement desagréable venant de l’extérieur de la salle pendant le deuxième mouvement. Et ont déployé les sublimes harmonies de Franck. Le troisième a constitué une forme d’apothéose musical inoubliable. Quel éclat ! Et quel succès pour le Belgian National Orchestra ! 

Crédit photo : AD

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