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Appréhender Yves Zurstrassen : l’exposition « Free » au Bozar

Appréhender Yves Zurstrassen : l’exposition « Free » au Bozar

27 septembre 2019 | PAR Jules Bois

Jusqu’au 12 janvier, se tient l’exposition « Free » de Yves Zurstrassen au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles qui revient sur les travaux de l’artiste réalisés entre 2009 et 2019.

L’artiste Belge, né à Liège, et dont l’atelier est à Bruxelles, a déjà exposé ses toiles au Museo de Santa Cruz à Tolède, selon une configuration différente. Si vous n’êtes pas familiers du travail de l’artiste, l’exposition des Beaux-Arts est parfaite pour vous puisqu’elle offre un grand angle sur le travail de l’artiste ; ses œuvres peintes depuis 2009 jusqu’aujourd’hui. L’exposition en elle-même comporte cinq salles, chacune à thèmes de couleurs et de formes différentes, ordonnant les travaux de Zurstrassen par ordre chronologique décroissant de composition.

L’on découvre d’abord ses créations les plus récentes, très structurées, avec des dominances de couleurs jaunes ou rouges. Lignes et points viennent encadrer l’espace pictural. Mais progressivement, d’autres éléments viennent s’apposer aux structures.
Passé les deux premiers espaces, la régularité n’est plus. Il en va de même pour les couleurs, qui se diversifient, s’accordent. Formes et couleurs composent désormais une mosaïque.
Puis une immense salle, qui accueille des formats beaucoup plus imposants, composés uniquement de noir et de blanc. Une force et une luminosité particulièrement frappantes se dégagent de ces toiles où la couleur n’est plus. L’on arrive finalement à la dernière salle, ou la première, chronologiquement parlant. Les toiles ne ressemblent plus à celles vues en premier. Tellement différentes que l’on douterait presque qu’elles proviennent du même artiste. Pourtant, des rémanences sont là, discrètes, pour nous le rappeler. Mais elles sont désormais perdues au milieu d’un joyeux amas de formes irrégulières, de couleurs, où les points ordonnés et les lignes structurantes ne sont plus qu’un souvenir.
L’exposition étant à sens unique, nous sommes donc obligés de rebrousser chemin, repassant devant les œuvres désormais connues. Et pourtant, le processus révélé n’est plus le même. Les formes ne se libèrent plus d’une structure pour exploser en un festival de formes et de couleurs. Sur le chemin du retour, ces couleurs et ces formes s’ordonnent, après être passées par la force du noir et blanc, pour se restructurer progressivement, délaissant le chaos et le multiple.

Cette configuration permet d’exposer combien l’artiste est changeant, combien ses compositions ne sont jamais immuables, toujours plastiques. On peut féliciter le commissaire de l’exposition, Olivier Kaeppelin, d’avoir si bien appréhendé l’artiste, et d’être parvenu à nous retransmettre sa compréhension de celui-ci. Grâce à lui, les peintures réunies en un tel corpus cessent d’exposer une particularité, pour ne plus former que l’œuvre d’Yves Zurstrassen.

Au sortir du musée, l’artiste n’est plus un mystère complet. Le cheminement parcouru le long des galeries nous a familiarisé avec lui. Si Yves Zurstrassen lui-même expliquait par des mots son travail d’artiste, ces mots feraient toujours moins sens que l’expérience visuelle de cette exposition.

Visuels : © Studio Yves Zurstrassen

Infos pratiques :
Exposition « Free », du 26 septembre au 12 janvier 2020
Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Rue Ravenstein 23 1000 Bruxelles
Plus d’informations

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