Mode

8 mars : Femme, je suis, et féminine, je vis.

8 mars : Femme, je suis, et féminine, je vis.

17 février 2019 | PAR Pulcherry Von Ober

La fringue, la femme, la photo sur Insta, le sourire et les dents blanches, le corps canon, les univers de rêve… Mais que se cache-t-il derrière cette scénographie ? Où en sommes nous dans la féminité ? Et être une femme en mode réseaux sociaux, c’est quoi aujourd’hui ? Rencontre avec Marquis Paris , Caroline de son prénom, un site et un compte Instagram qui allient le charme, l’élégance…tout en nuance !

Marquis Paris – 2018 – Guêtres sur souliers

Pourquoi avoir créé un site et un compte Instagram ?
Primairement, à cause de mon univers professionnel. Je travaille dans le monde des affaires, financements, dettes souveraines et compagnie (aride, n’est-ce pas). J’y ai trop souvent constaté que les femmes s’habillent comme des hommes. Pourquoi ? Parce que la règle tacite est la suivante : plus vous êtes féminine, moins vous êtes crédible professionnellement. Etrange et triste que la féminité ôte de la crédibilité…

J’ai commencé très jeune dans le monde professionnel et j’ai rapidement été féminine dans mon vestiaire. Aussi, lorsque l’on me répétait à l’envi que j’avais du style, cela m’étonnait car je n’y étais pas mal à l’aise, dans ce style.

Pour revenir à mon initiative digitale, j’avais donc le vestiaire – le mien – je pouvais incarner une femme réelle avec une vie bien remplie et éviter l’écueil de la bloggeuse mode qui ne parle que de… mode, et j’avais deux/trois choses à dire : je me suis lancée.

Le message récurrent était et est toujours le même : pour nous, femmes au bord de la schizophrénie, vu le nombre de rôles que l’on endosse au cours d’une seule journée, un vestiaire adapté à chaque situation peut grandement aider. Lorsque l’on est en adéquation avec le moment et en harmonie avec soi-même, que l’on ne se demande plus si l’on est mal fagoté ou non, on s’oublie et on peut enfin se tourner vraiment vers la vie et les autres.

Et puis, il y a 2 ans…
Tout cela, c’était il y a plus de 3 ans..Et puis, il y a 2 ans, j’ai observé mon ado. Elle passait beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et je voyais son image personnelle et l’image qu’elle se faisait de la femme se dégrader de jour en jour. La seconde impulsion a donc été de démonter le mythe, expliquer ce qui se cache derrière la photo soit-disant parfaite, et montrer que l’on pouvait avoir 44 ans, ne pas être un top-modèle, ne pas sur-sexualiser ce que l’on présente et néanmoins proposer une image somme toute intéressante de la femme, dans toute sa variété.

Marquis Paris – Serres d’Auteuil

Aussi, vous avez souhaité donné une autre orientation à votre site ?
Oui. Les personnes de ma génération – j’ai 44 ans – ont une distance suffisante avec les réseaux sociaux. Mais pour ceux qui sont nés avec Internet, c’est plus compliqué : les réseaux sociaux ont une influence considérable, notamment sur la construction de la personnalité, le rapport au corps, la confiance en soi. Les réseaux sociaux n’ont fait qu’amplifier un phénomène de société : la surconsommation : nous sommes devenus des sujets de surconsommation et des objets de surconsommation également. C’est particulièrement criant en ce qui concerne les femmes.

Pensez-vous que la femme soit malmenée sur les réseaux sociaux ou dans notre société ?
Parlons du corps de la femme dans la société actuelle : il est soit caché, invisible, soit dévoilé jusqu’à l’outrance pour devenir objet de consommation sexuelle. Ce qui écrase le tout à une seule dimension, celle du corps.

C’est très limitant, vous ne trouvez pas ? Cela conduit forcément à se poser mille questions sur la femme, son rôle et sa place dans la société.

Nous sommes pluri-dimensionnelles et c’est cela que j’ai voulu montrer sur mon site et ma page Instagram. Je me sers d’Instagram comme d’un cheval de Troie : de belles photos professionnelles, alléchantes, pour y glisser autre chose de plus substantiel : l’excellence, qu’elle soit dans les vêtements, les opinions, les attitudes de vie ; bref tout ce qui fait une vie.

Comment réagissent vos followers ?
En général, très bien ! Et vous savez : ce qui me fait le plus plaisir, c’est lorsque l’on me dit «  vos photos sont très belles, mais ce que j’aime le plus, ce sont vos textes » Là, je me dis : c’est gagné !

Avez-vous des hommes en followers ?
Absolument. La majorité d’entre eux apprécient l’image de la Parisienne, le disent en toute sincérité, sans équivoque. Certains sont papas de petites filles, et s’interrogent aussi sur la place qu’auront leurs enfants dans la société de demain.

Marquis Paris, Simone de Beauvoir’s look à l’Hôtel Lancaster à Paris

Et avez-vous rencontré certains de vos followers dans la « vraie vie » ?
Oui ! La plupart des personnes rencontrées sont d’ailleurs étrangères. Certaines sont même devenues des copines.

Vous parlez de style et non de mode. Pour vous quelle est la différence ?
Je paraphrase…mais la mode est une succession de cycle, le style demeure. On subit la mode, on s’approprie un style. Il y a encore vingt ans, il était possible de s’approprier les cycles de mode car ils n’étaient pas trop rapprochés. Mais ça c’était avant. Avant la fast fashion.

Aujourd’hui, tout est fait pour surconsommer et ce n’est clairement pas une surconsommation de qualité. Et je n’évoque même pas les problèmes d’éthique ou d’impact écologique que cela engendre !

Le style est l’appropriation d’un type de vêtement en corrélation avec la personne que vous êtes. N’oubliez pas que c’est la première chose qu’un inconnu voit de vous.
Je dirais que le style, c’est la cristallisation de sa propre personnalité, son reflet. Une fois que vous êtes en harmonie intérieure et extérieure, vous êtes plus attentif à l’Autre, et plus fort aussi.

Enfin, quels sont les conseils que vous donneriez à une femme pour choisir ses vêtements ?
Le secret, au risque de radoter : c’est l’harmonie, évidemment, entre l’intérieur et l’extérieur. Une fois cet équilibre obtenu, tout devient plus fluide. Pour résumer : c’est simplement être soi, et le manifester par sa tenue.

 

Un peu plus…
Caroline, est la fondatrice de Marquis Paris suivi par 144,1 K followers. Cette amoureuse de la vie parisienne aime passionnément la vie, les rencontres qu’elle lui offre, les belles choses, la créativité… sans oublier l’humour !

(Crédit photo : Cédric Doux, Photographe)

 

 

Bonne nouvelle pour les créateurs en Europe avec la directive « droit d’auteur »
La playlist transculturelle
Pulcherry Von Ober
https://www.instagram.com/leschicsgourmandises/ @leschicsgourmandises

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