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Le coup de boule de Zidane exposé… quel intérêt ?

Le coup de boule de Zidane exposé… quel intérêt ?

28 septembre 2012 | PAR Elodie Rustant

La piazza du Centre Georges Pompidou est depuis peu, le théâtre d’un curieux manège.

Ce n’est plus devant le Centre que les nuées de touristes se font prendre en photo mais devant une statue noire monumentale représentant le coup de tête, pour le moins vigoureux, qu’administra Zinedine Zidane au joueur italien Materazzi.

A ceux qui se demanderaient ce que vient fiche là l’incident de la Coupe du Monde 2006, nous nous sommes posé la même question. Voyons…

C’est à l’artiste contemporain algérien Adel Abdessemed que l’on doit cette statue pour le moins surprenante. Outre la problématique de la pure valeur artistique d’une telle statue, qui est disons-le, franchement laide, c’est surtout l’édification en monument d’un acte de violence physique qui nous turlupine.

Etrange, à une époque comme la nôtre où la violence fait partie des grandes angoisses de société, d’ériger un monument mettant en valeur cette pratique. Et à ceux qui répondront : « Oui mais Materazzi il avait insulté sa maman d’abord ! » Certes. Cependant, la violence sous n’importe laquelle de ses formes serait-elle légitime, voire glorifiante pour certaines personnes, et blâmable pour d’autres ?

D’autant plus que cette statue fait partie intégrante de l’exposition présentée à l’intérieur de Beaubourg et intitulée « Je suis innocent ».

Adel Abdessemed, par ailleurs très doué dans d’autres circonstances, s’explique : pour lui, le coup de tête de notre fougueux Zizou aurait constitué un épisode traumatisant – et nous en sommes désolés pour lui – une sorte de suicide social en direct.

« J’ai reçu la violence du geste de Zidane, depuis l’écran, en plein visage. J’ai voulu montrer le côté sombre du héros, le goût du destin inéluctable et l’immédiateté retentissante d’un geste »

L’explication de Philippe Alain Michaud, commissaire de l’exposition, est encore plus gonflée :

« Cette statue s’oppose à la tradition qui consiste à faire des statues en l’honneur de certaines victoires. Elle est une ode à la défaite ».

Vous conviendrez que dans le genre grande subversion de l’art contemporain on a vu mieux…

Coup de tête, à voir sur la Piazza du Centre Georges Pompidou jusqu’au 7 janvier 2013

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Elodie Rustant

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