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L’artiste à la burqa tricolore est relaxé

L’artiste à la burqa tricolore est relaxé

28 novembre 2011 | PAR Amelie Terranera

Lors d’une performance à Caen, le 13 mai 2011, Yohan Leforestier était vêtu d’une burqa tricolore pour dénoncer la loi sur le voile intégral comme « une incitation à la xénophobie ». Jugé pour « utilisation dégradante du drapeau », il vient d’être relaxé. C’était la première fois qu’un tribunal statuait sur l’application de ce décret à un artiste.

Yohan Leforestier, artiste de rue de 34 ans, qui a porté en public une burqa bleu-blanc-rouge à Caen au printemps dernier a été relaxé vendredi du chef d’accusation « d’utilisation dégradante du drapeau ». Le tribunal de police « a considéré que les agissement qui (lui) étaient reprochés étaient couverts » par les limites fixées en juillet par le Conseil d’État à l’application du décret paru le 23 juillet 2010 élargissant le délit d’outrage au drapeau. Ce même décret institue une amende de 1500 euros, qui sanctionne le fait « lorsqu’il est commis dans des conditions de nature à troubler l’ordre public et dans l’intention d’outrager le drapeau tricolore », de « détruire, détériorer ou utiliser de manière dégradante » le drapeau tricolore « dans un lieu public ».

Un comité de soutien était présent devant le tribunal pour défendre Yohan Leforestier. Ses membres ont étendu une banderole « attention censure fraîche » tout en se bâillonnant symboliquement.

L’avocat de l’artiste, Me Olivier Lehoux s’est réjoui à l’annonce du verdict : « C’est une décision fondamentale. Sur tout le territoire français, les français savent que quand ils sont dans leur activité artistique, ils sont autorisés à critiquer les symboles de l’État. C’est fondamental pour tout le monde, pour la démocratie ».  Yohan Leforestier, l’artiste en question a ajouté : « La liberté d’expression a un sens. Preuve en est (avec ce jugement), même s’il y a par ailleurs en France des dérives qui lui portent atteinte ».

Le procureur de Caen, François Lalès avait requis 400 euros d’amende, dont une partie avec sursis. Selon lui, « la démarche artistique » de Yohan Leforestier n’était « absolument pas palpable ». Saisi par la Ligue des droits de l’homme, le Conseil d’État a fixé des limites à l’application du décret du 23 juillet 2010 : « Ce texte n’a pas pour objet de réprimer les actes qui reposeraient sur la volonté de communiquer, par cet acte, des idées politiques ou feraient œuvre de création artistique. »

Visuel AFP

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Amelie Terranera

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