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Hadopi : la démocratie en question

29 avril 2009 | PAR Erwan

vote-main-levéeLes députés sont à l’assemblée nationale les représentants de la population, élus au suffrage universel direct. Ils votent à main levée (cf la vidéo ci-dessous). Ainsi ne bénéficient-ils pas du vote secret, comme nous autres citoyens. D’où l’idée que des pressions pourraient être exercées sur ceux qui sont présents à l’assemblée. (Ce qui explique enfin, parfois, leur absence lors d’un vote impopulaire, tel Hadopi).

Suite au refus d’Hadopi le 9 avril 2009, la logique fut simple. Le chef de l’état a demandé que la loi passe coûte que coûte. C’est la 3ème fois au cours de la 5eme République qu’une loi est rejetée. De fait, Jean-François Copé en fer de lance de l’UMP (il en est le Président à l’assemblée) a envoyé une missive à tous les députés où il explique que : « Ce n’est désormais plus la teneur de ce texte qui est en cause. Ce qui importe c’est le problème politique créé par son rejet surprise et par le comportement absurde de l’opposition ». Lettre publiée sur pcinpact, et propos relevé dans notre article Hadopi vos e-mails surveillés.

De telles demandes démontrent bien que l’assemblée nationale n’est plus représentante du peuple, mais bien du gouvernement. CQFD

Deuxième réflexion : le combat Hadopi oppose les lobbys de la musique, du cinéma, du jeux videos à un Internet libre, dont nous, le peuple, sommes les utilisateurs. Sous le prétexte du droit d’auteur (l’équivalent de la Sacem américaine, la BMI, a tout de même annoncé « cette année un record de revenus, en dépassant dans son exercice 2008, la barre des 900 millions de dollars collectés, en hausse de 7,2 % par rapport à l’année précédente ») sous le prétexte du droit d’auteur, disais-je, une loi vise à réguler le téléchargement. (L’incohérence de cette loi et ses dangers ne sont pas ici le sujet de l’article, mais vous pouvez trouver des explications dans Hadopi : l’imprimante de mon voisin est coupable.) Si l’industrie était vraiment malade, cette loi serait nécessaire, voire urgente, mais les domaines artistiques sont encore parmi les rares où un artiste peut devenir en un temps record millionnaire. Cette industrie se confronte juste aux turbulences d’une époque en évolution et ne sait proposer d’autre alternative qu’une loi archaïque et dangereuse.

Le combat que nous menons au sein de la boîte à sorties, par le biais des articles de Martial Combourieu, n’a pour fin que de défendre les droits du citoyen face à une forme de plus en plus présente de la « lobbycratie ». Il existait mille pistes de réflexions pour améliorer un système ultra-libéral tel Internet (comme les propositions publiées dans Libération). Aujourd’hui, sans être nullement alarmistes, nous devenons les numéros (IP) de nouvelles bases de données. Nous ne sommes pas des numéros.

Erwan Gabory

Et pour aller plus loin,  voici un article sur le lobbying français exercé en europe : pcinpact.com
Roman : Françoise Henry, Juste avant l’hiver
Les films du crayon en exposition
Erwan

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