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[Escape Game] Docteur Kang : la bonne formule

[Escape Game] Docteur Kang : la bonne formule

10 septembre 2017 | PAR Mathias Daval

[En collaboration avec Samuel Miloux]

Le dixième arrondissement de Paris abrite, entre autres excentricités, l’appartement d’un savant fou, inventeur d’un produit hautement toxique qui pourrait bien faire exploser un continent. Problème : on ignore quel est ce produit, à quoi il ressemble, et où exactement il est caché. Heureusement, nous y sommes entrés et nous avons sauvé le monde pour vous ; mais rien ne vous empêche de le faire à votre tour.

Ce docteur cache vraiment bien son jeu, pourtant. Son appartement a tous les aspects d’un petit studio parisien normal, sans doute beaucoup trop cher pour ce qu’il est. Le décor est soigné et l’immersion réussie, grâce aussi à quelques petits détails de mise en scène : par exemple, il nous a d’abord fallu trouver comment rentrer dans la pièce, étape généralement sautée par les salles d’escape.

Cependant, gare : sous ses dehors placides, ce monsieur Kang a une face sombre, et son lieu d’habitation, tout ordinaire en apparence, recèle de nombreux secrets. Tout est truffé de mécanismes secrets, ventaux cachés, mais aussi fausses pistes et trompe-l’œil. À la fouille systématique, classique et attendue (et récompensée ici, dans une salle généreuse) il faut associer beaucoup de vigilance et d’observation, car nous aurions eu tôt fait d’être déroutés.

L’Appartement du docteur Kang est l’exemple d’une escape game équilibrée, cohérente et aboutie. L’immersion est soignée, la salle luxuriante, les énigmes nombreuses. De ce fait, la progression est assez peu linéaire pour que chaque membre de notre groupe (de quatre) ait toujours eu quelque chose à faire, à chercher ou à manipuler, sans jamais que nous ne nous retrouvions à trépigner tous sur un seul petit puzzle pour débloquer la suite. Si les secrets du docteur Kang sont gardés par de nombreux cadenas, comme de juste, il y a plusieurs mécanismes originaux, qui assurent le plaisir d’avoir l’esprit dérouté et d’être conduit à recomposer ses schémas logiques.

Sans que les énigmes soient exagérément compliquée, l’escape dans son ensemble s’est révélée ardue pour notre petite équipe, qui n’est pas sortie avec beaucoup d’avance. La tension de fin de session était furieusement palpable, d’autant plus que la scénographie et la conception des énigmes avaient été pensées pour jouer avec nos nerfs dans les dernières minutes. Sur le plan sensible, la formule du docteur Kang a donc fait mouche. Elle n’a rien fait exploser d’autre que nos cerveaux. Ce n’est déjà pas mal.

L’appartement du docteur Kang, par The Escape Agency
36 rue du Faubourg Saint-Martin, Paris 10e
Tél : 09 53 37 00 47 / contact@the-escape-agency.fr

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Mathias Daval
Né à Paris en 1977. Journaliste culture & nouveaux médias depuis 2001. Lauréat de la bourse du Centre National du Théâtre en 2014. Musicien, membre du groupe Dazie Mae. Cofondateur du journal I/O Gazette, éditeur pour The Theatre Times, et membre de la Fédération nationale des critiques de la presse, il vit actuellement entre Paris, Barcelone et d’autres dimensions de l’espace-temps plus difficilement accessibles.

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