Tendances
Fashion-week de Paris : en accords majeurs

Fashion-week de Paris : en accords majeurs

07 mars 2013 | PAR Mariska Konkoly

Hegarty chez Givenchy, le globe terrestre chez Chanel, la Reine chez Alexander McQueen, c’est un spectacle de mode qui a clôturé la fashion week de Paris. Un florilège de coupes et de couleurs a dessiné avec préciosité et harmonie, les tendances de l’automne-hiver 2013-2014. Notre mur des inspirations à Paris, c’est maintenant…

Épique. Chanel a fait les choses en grand, message d’une mode planétaire ou décor titanesque pour un défilé aux allures de géant. Autour du monde, ce sont des silhouettes aux inspirations gothiques voire presque historiques qui ont élégamment déambulé sous la coupole du Grand Palais. À l’image des manteaux presque empires, ouverts sur le devant, le tweed signature s’est fait maître de cérémonie. Le retour du bleu pétrole exaltant et l’imprimé emplumé faisaient revivre l’aigle noir.

Tandis que la terre tournait, Kenzo revisitait avec certitude une Asie fantasque aux mille et une pierreries, des parures aux dorures et des coupes japonisantes dans le ton, contemporaines dans la forme. Mais c’est l’œil de la mode qui a marqué le catwalk de Kenzo par son imprimé démultiplié ou unique, défiant les silhouettes innocentes. Et que god save Alexander McQueen ou la reine s’est faite mère d’une ode shakespearienne à la limite de la haute couture. L’institution monarchique nous avait presque manqué, des couronnes et habits de lumières, des broderies incandescentes et des fraises renaissantes.

Minimal. Iste et exacerbée la mode chez Céline, faite de cuir et de crème voluptueuse. L’épuré à son point culminant qui découpe des angles carrés, hauts et démesurés, des poches basses et les bras croisés mais vides comme une saveur de l’invention. Chez Stella McCartney c’est l’évidence de la rayure qui est apparue, en camaïeu de noir ton sur ton ou fins traits blancs, assortie à des plis follement graphiques. Les épaules se sont faites larges et arrondies, prenant dans la hauteur sous le carreau, comme une évidence. Le port de casquette obligatoire sous la fluidité et la douceur de Stella.

School and the mood. Chloé et le pensionnat de la mode font de la cape l’accessoire absolu, un brin sérieux et authentiquement masculin ajuste des coupes droites presque rigides, mais féminines et poétiques. Des cols montés de les jeunes filles en fleurs aux plumetis transparents, signés par des derbies aquatiques. Yves Saint Laurent presque à l’anglaise, une inspiration presque adolescente qui prône l’écossais et les jupes courtes qui mélangent les codes, les couleurs, les matières et les origines du cuir noir à la couleur profonde.

Ovni. La poésie de Hegarty et 20 musiciens sur scène pour orchestrer le défilé Givenchy, authentiquement avant-gardiste aux couleurs flamboyantes. L’orange qui coiffe les silhouettes et l’imprimé plus fort que jamais, du Bambi à la doudoune revisité en touche parsemé de ceintures extravagantes et éclatantes. Tandis que Marc Jacobs et Kate Moss appelaient un Louis Vuitton, fantasmagorique au velours de légende, devenu brillant et éphémère. Le homewear n’est plus, il devient des peignoirs élégants, faits de matière soyeuse en coupe années 30, en pyjama libertin et liberty sous un voile américain joliment posé et contrastant sur la vague néo-rétro.

Visuel (c) : extrait de la vidéo du défilé automne-hiver 2013-2014 Alexander McQueen

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Mariska Konkoly

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