Livres
Zone de non-droit de Alex Berg: récit violent d’un dommage collatéral

Zone de non-droit de Alex Berg: récit violent d’un dommage collatéral

07 mars 2013 | PAR Alice Dubois

Alex Berg est le pseudonyme « spécial thriller » de l’auteure allemande Stefanie Baumm. Née en 1963 à Pforzheim, elle travaille pour plusieurs journaux nationaux avant de publier en 2006 son premier roman « Unsterblich wie der Tod ». C’est le premier volet d’une série policière dont le héros récurrent est un commissaire de police. Dans « Machtlos » publié en 2010, elle nous emmène sur les traces d’un nouveau personnage, celui d’une jeune avocate, Valérie Weyman. Elle signe cette nouvelle série, plus politique, du pseudonyme de Alex berg. Zone de non droit, le premier opus, vient d’être traduit en français et publié aux éditions Jacqueline Chambon. Une plongée effrayante au cœur de la lutte contre le terrorisme et de la paranoïa collective.

 

« Dans les Etats occidentaux industrialisés, les hommes politiques tentent de protéger la liberté en l’abrogeant. » (Alex Berg)

Valérie Weyman, avocate brillante et mère de famille, semble vivre une vie rangée et sans histoire au cœur de Hambourg. Alors que la ville s’active pour préparer le Sommet International contre l’armement et pour le climat, Valérie est arrêtée à l’aéroport par la police allemande. Embarquée sans cérémonie et enfermée sur-le-champ, Valérie va se rendre compte, au fur et à mesure des interrogatoires, que la CIA et le BND (Service fédéral de renseignement allemand) la suspectent d’être liée à Al-Qaïda. Aussi improbable que violente, cette arrestation arbitraire ne sera que le début d’une implacable descente aux enfers.

Parce que Noor, sa meilleure amie de toujours, est Syrienne, parce qu’elle a eu une aventure avec Safwan Abidi, un ami commun Palestinien, suspecté depuis d’être l’auteur de récents attentats à Copenhague, elle devra justifier de bien plus que ce qui est en son pouvoir. Considérée comme un danger pour la sécurité de l’Etat, Valérie va se retrouver à la merci des agents allemands et américains de lutte internationale contre le terrorisme.

Pour parfaire le tableau, la querelle diplomatique entre les deux organisations va la coincer au cœur d’un conflit d’intérêt humain et politique. Alors que les éléments qui sont à sa charge s’étiolent, elle disparaît brusquement sans laisser de trace. Qui l’a emmenée ? Et où ? L’agent américain Burroughs, connu pour son ultra violence et sa haine machiste va-t-il se servir de la jeune avocate pour assouvir ses pulsions barbares ? Coincé dans une logique infernale de haine depuis les attentats du 11 septembre qui ont couté la vie à sa famille, cet ancien soldat, obsédé par la soif de vengeance va l’entrainer dans un monde où la mort est une délivrance.

 

Alex Berg nous plonge sans précautions dans l’engrenage de la paranoïa collective qui hante les esprits occidentaux depuis la montée du terrorisme et de l’influence d’Al-Qaïda. Levant le voile sur la complexité de la diplomatie internationale, elle met en lumière ceux qu’on appelle si froidement les « dommages collatéraux », victimes anonymes d’une guerre qui les dépasse et sacrifiés sans scrupules pas les Etats. Avec intelligence, l’auteure ne tombe pas dans le piège du mélo et laisse au lecteur le soin d’imaginer l’insoutenable. Sans se complaire dans la facilité des bons sentiments, Alex Berg signe ici un thriller politique efficace au rythme haletant. Un roman qui fait froid dans le dos.

 

Zone de non-droit de Alex Berg. Traduit de l’allemand par Justine Coquet.

Editions Jacqueline Chambon – Actes Sud.

Janvier 2013. 283p. Prix: 23€

 

10 activités culturelles pour fêter la journée internationale des droits de la femme
Fashion-week de Paris : en accords majeurs
Alice Dubois
Alice a suivi une formation d’historienne et obtenu sa maitrise d'histoire contemporaine à l'université d'Avignon. Parallèlement, elle est élève-comédienne au Conservatoire régional d'art dramatique de la ville. Elle renonce à son DESS de Management interculturel et médiation religieuse à l'IEP d'Aix en Provence et monte à Paris en 2004 pour fonder sa propre compagnie. Intermittente du spectacle, elle navigue entre ses activités de comédienne, ses travaux d'écriture personnels et ses chroniques culturelles pour différents webmagazines. Actuellement, elle travaille sur un projet rock-folk avec son compagnon. Elle rejoint la rédaction de TLC en septembre 2012. Elle écrit pour plusieurs rubriques mais essentiellement sur la Littérature.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


A propos

Toute La Culture : Comment choisir ?
Toute La Culture est un magazine d'information pluridisciplinaire et national. Il regarde notre societé par les yeux des tendances et de la culture. Fondé en 2009, il est reconnu comme journal en 2012 puis d' Information Politique et Générale (IPG), en 2017

L’objectif de Toute La Culture est véritablement de parler de TOUTE la culture : un film d’animation d’Europe de l’Est comme blockbuster américain à énorme budget, un récital lyrique comme un nouvel album de rap, la beauté et les tendances sont abordées d’un angle culturel et même les sorties en boîte de nuit et les nouveaux lieux à la mode sont dans nos pages. Enfin, les questions politiques d’actualités sont au coeur de nos articles : covid, #metoo, mémoire, histoire, justice, liberté, identité sont au cœur de nos réflexions à partir des spectacles et œuvres que nous voyons comme critiques. Non seulement nos rédacteurs se proposent être vos guides et de vous aider à choisir dans une offre culturelle large, à Paris, en France, en Europe, mais c’est parce que Toute la Culture brasse large que, dans ses quinze articles quotidiens, le magazine doit avoir un point de vue arrêté sur l’actualité. Et ce point de vue part du principe que l’angle culturel offre une grille de lecture unique et précieuse sur le monde dans lequel nous vivons.
Soyez libres… Cultivez-vous !

Soutenez Toute La Culture