Beauté

[Enquête] L’apparence injectée

[Enquête] L’apparence injectée

23 avril 2014 | PAR Pulcherry Von Ober

Le marché mondial de l’anti-âge, selon le Congrès mondial de médecine anti-âge (AMWC 2014) enregistre une croissance estimée à 10% et à 6 % pour le marché européen, soit une estimation du marché global de 545 millions d’euros avec une croissance annuelle de 2,8 % entre 2011 et 2014. L’apparence a pris un poids considérable et l’aspect physique joue un rôle important dans la perception des discriminations. Aussi, demain, une « ligne » en plus sur son CV, « je peux aussi m’injecter » est-ce une fiction ? Découvrons ce que la patientèle se rendant dans les cabinets de médecins morphologiques et anti-âge et chirurgiennes esthétiques exprime.
Rencontrons les docteurs Éléonore COHEN Hayoun Spécialisée en chirurgie Plastique, Esthétique et Reconstructrice, médaillée de l’internat et lauréate de la Faculté de médecine de Paris et Bertrand Durantet, diplômé en médecine morphologique et anti-âge

Les raisons d’une consultation axée sur l’apparence

Pour le Docteur COHEN HAYOUN les raisons qui poussent les patients à venir la consulter ce sont majoritairement des personnes qui souffrent d’un mal être physique et qui souhaitent avoir recours à la chirurgie pour se traiter.

En revanche, pour le Docteur DURANTET, les personnes le consultent pour de multiples raisons : le traitement du blues de la quarantaine, cinquantaine pour les femmes, ou encore pour consolider un mariage. Cependant, pour la génération des moins de 30 ans c’est le souci de leur image qui y est évoqué. Cette patientèle se révèle d’ailleurs être grandissante, exigeante et cherche visiblement à copier les couvertures des magazines et non à ralentir les méfaits du temps. Elle ne projette pas sa beauté dans le futur. Cette réalité, selon le Docteur DURANTET peut créer des troubles du comportement à venir, car apprendre à accepter ses défauts et vieillir est un cheminement important dans la construction de la personnalité.

Se faire une beauté : oui mais…pour soi ou son travail ?
Pour le Docteur COHEN HAYOUN, les personnes qui travaillent axent leur demande sur le visage, la silhouette et les seins. Le visage étant la région la plus exposée, les demandes s’orientent autour du visage, mais beaucoup de femmes actives ont des requêtes concernant leur silhouette.

Pour le Docteur DURANTET, 10 % de la patientèle verbalisent leur demande en mentionnant que c’est pour une raison professionnelle, notamment pour conserver un poste, pour 40 % de la patientèle, ce n’est pas dit aussi précisément mais l’objectif est de paraître moins fatiguée.
Certains expliquent également qu’avoir l’air dynamique est important pour réussir. En revanche, il faut que cela soit fait d’une façon discrète. Les patientes n’aiment pas forcément dire qu’elles ont recours à des actes de médecine esthétique.
Il faut noter que la majeure partie des patients sont en activité professionnelle.

Si les patients viennent consulter à partir de 30 ans pour les docteurs COHEN HAYOUN et DURANTET, ces derniers l’expliquent plus par une démocratisation des actes que liés à une exigence professionnelle.

Et demain, si les entreprises travaillaient avec des médecins, chirurgiens esthétiques ?

Pour aucun de ces deux médecins, cela ne s’est produit.
Cependant, pour des raisons de santé, le Docteur DURANTET espère que oui. En effet, il rappelle que la médecine esthétique ne se limite pas qu’aux injections mais fait appel également à des bilans sanguins notamment, qui peuvent révéler des carences en fer, iode, dysbioses digestives, acidose métabolique…Car être beau, c’est être aussi en bonne santé.

Médecine, chirurgie esthétique et travail : une union harmonieuse ?

Pour le Docteur COHEN HAYOUN, si quelqu’un veut paraître « mieux » à son travail, déjà, que la personne apprenne à se détendre au cours de la journée de travail, à être attentif à sa posture afin d’éviter les contractures musculaires en fin de journée.
Pour le Docteur DURANTET, si la demande en acte esthétique est appropriée oui, il soutient cette démarche. Paraître moins fatiguée, et ainsi se sentir mieux à son travail a un effet bénéfique sur le moral, l’estime de soi et donc…sur la productivité.

En conclusion…
La patientèle ne verbalise pas forcément sa demande en actes médicaux pour des raisons professionnelles. Cependant, la volonté de paraître en forme, de montrer que l’on est dans la course, donner une image dynamique de soi, est aussi mentionnée.
La jeunesse est souvent associée au dynamisme, et la médecine « esthétique » s’est nommée « morphologique et… anti-âge ». On note d’ailleurs que dans notre société où tout se médicalise, la beauté en fait partie. Jadis on s’en remettait à l’esthéticienne, maintenant à son chirurgien ou médecin. Mais l’aiguille de la seringue ou la lumière du laser pointe le paradoxe : le résultat doit être naturel, une beauté sophistiquée au naturel…
Alors notre futur à venir : une injonction d’être beau ou belle, une beauté déjetée, une injection de cerveaux disjonctés… ?
N’oublions pas de savoir prendre soin de soi dans le respect de son corps, et sans excès.

Visuel : © Tous droits réservés — Éléonore Cohen – Hayoun

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Une réflexion sur « [Enquête] L’apparence injectée »

Commentaire(s)

  • Clairement, la médecine esthétique est en passe de détrôner la chirurgie classique en termes de solutions anti vieillissement, voire en solutions pour lutter contre les surcharges graisseuses.

    avril 24, 2014 at 12 h 58 min

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