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Brigitte Lahaie : son point…de vue !

Brigitte Lahaie : son point…de vue !

10 juillet 2014 | PAR Pulcherry Von Ober

Nymphoplastie, point G, société sous l’emprise du plaisir, société éprise de volupté, empire du sexe, sexe récreation, sexualité en re-création…Amour en désertion ? Que pensez aujourd’hui de notre société où le sexe s’exhibe, se cosmétise, se lifte ? Toute La Culture a souhaité rencontrer une spécialiste de ce domaine, Brigitte Lahaie, comédienne pour des films pornographiques de 1976 à 1980 et qui depuis 2001, anime une quotidienne sur RMC « Lahaie, l’amour et vous ».

Que représente pour vous le sexe ?

Brigitte Lahaie : Le sexe pour moi ne représente pas grand-chose, c’est un mot un peu fourre-tout si je puis dire. Je préfère toujours évoquer la sexualité que le sexe car entre deux êtres humains, il est rare que seuls les organes sexuels soient en relation. Il y a toujours un peu d’émotion, voire de sentiments et bien sûr, de l’esprit au sens psychologique.

Existe-t-il une différence entre la pornographie d’hier et celle d’aujourd’hui ? Et si oui, laquelle ou lesquelles ? Qu’en pensez-vous ?

B. L. : Oui évidemment. La pornographie à laquelle j’ai participé était finalement assez proche de la sexualité des français. Même si bien sûr, il y avait quelques pratiques plus répandues comme les orgies ou la sodomie (bien que personnellement, je me fusse toujours refusée à cela). Mais avec le temps, la pornographie est devenue de plus en plus spectaculaire et donc, plus hard.

Le sexe dans notre société aujourd’hui : quel est–il ? Considérez-vous qu’aujourd’hui nous sommes dans une société hypersexualisée et si oui, comment cela se manifeste-t-il selon vous ? Ou, considérez-vous que le sexe est simplement mieux « intégré » ?

B. L. : Un peu des deux ! En effet, c’est une très bonne chose que l’on puisse évoquer le sexe facilement et que les informations concernant la contraception, les infections sexuellement transmissibles ou même, la pratique soient diffusées et que chacun puisse (s’il le désire) trouver ce qu’il cherche.

D’un autre côté, le sexe est devenu une valeur marchande. Tout le monde s’en sert pour exister. Je pense par exemple à ce mouvement féministe un peu extrême, les femens qui manifestent les seins nus pour faire entendre leurs causes. Ce déferlement de corps nus et de propos trop explicites finit par faire oublier que la sexualité est, et doit rester du domaine de l’intime.

Les titres d’un certain nombre de magazines féminins ou masculins qui réalisent un sujet sur le  sexe sont très liés à la recherche du plaisir à tout prix, la performance. Le sexe aujourd’hui est-il devenu un acte de récréation ? Un acte de consommation sous l’angle d’un marathon ?

B. L. : La sexualité humaine a toujours été prise en étau entre deux principes fondamentaux, la nécessité de se reproduire (pour l’instant, la science n’a pas encore réussi à trouver un autre moyen que celui-là) et le fait qu’elle apporte un plaisir à nul autre comparable. Ainsi, suivant les époques, les cultures, le penchant part d’un côté ou d’un autre. Aujourd’hui, la manière dont notre société parle à travers les médias de sexualité traduit bien ses paradoxes. En effet, nous sommes dans une société de consommation, nous devons être performants et on veut surtout du plaisir. On veut tout en oubliant que la vie est aussi faite de frustrations, de devoirs, de règles pour vivre justement ensemble.

Et l’amour a–t-il sa place dans notre société ?

B. L. : L’amour est, de toute façon, indispensable à la survie de l’être humain. Nous sommes tous construits sur l’amour qu’on nous a donné et nous existons grâce à l’amour qui nous entoure. Les individus qui savent s’aimer et aimer les autres sont en général beaucoup plus en harmonie. Mais il y a une méfiance par rapport à l’amour universel car il renvoie trop à la religion qui a été, il faut bien le dire, un peu trop réductrice. C’est pourquoi j’évoque toujours le terme de spiritualité pour évoquer l’agapé, c’est-à-dire l’amour de l’autre au sens large et non pas la religion.

Quel regard portez-vous sur la nymphoplastie et l’injection d’acide hyaluronique au point G ?

B. L. : Concernant éventuellement la nymphoplastie, je reste tout à fait ouverte. Cela peut être pour certaines femmes, un véritable complexe et un obstacle à une vie sexuelle épanouissante. La mode des pubis rasés a évidemment mis en relief les nymphes et donc, si elles sont un peu disgracieuses (même si cela reste très subjectif) une opération peut redonner confiance à une femme.

En revanche, je trouve l’injection d’acide hyaluronique au niveau du point G totalement ridicule. J’ai mené ma petite enquête et jusqu’à présent, rien ne prouve que cela augmente le plaisir. Sauf peut-être grâce à l’effet placébo. C’est profiter de l’ignorance des femmes pour leur soutirer de l’argent…

Avez-vous des auditrices ou auditeurs qui ont évoqué ce sujet avec vous ? Et si oui, quelles étaient leurs préoccupations majeures ? Etait-ce plus des hommes ou, des femmes, et de quel âge ?

B. L. : Oui en effet, ce sont des femmes qui vont témoigner de leurs complexes concernant leurs organes génitaux. Mais aussi de leurs douleurs suite à des épisiotomies mal recousues par exemple. Les hommes eux éventuellement viendront se plaindre du manque de rapports et on découvrira que  la raison est peut-être due à des douleurs.
Et bien sûr, les hommes eux sont complexés par la taille de leur pénis, mais là encore, je suis archi contre les opérations qui sont faites actuellement.
Enfin, j’avais abordé une fois, un sujet terriblement tabou, les vagins devenus béants après des grossesses et j’avais eu des témoignages évidemment et de nombreuses réactions par mail.

Quels conseils donneriez-vous à des femmes souhaitant effectuer ces actes de chirurgie et de « médecine esthétique » ?

B. L. : Toujours de d’abord comprendre pour qui elles ont envie d’y avoir recours et, ensuite imaginer ce que cela changerait pour elles. Si elles croient au miracle, cela prouve qu’elles risquent fort d’être déçues.

Et surtout, je pense qu’il faut toujours rappeler qu’une opération, ce n’est pas anodin, alors il faut que le risque en vaille la peine.

Demain, le sexe ce sera quoi ?

B. L. : Je me sens bien incapable de répondre à cette question. Vous savez, quand je tournais dans des films pornographiques (entre 1976 et 1980) jamais je n’aurai pu imaginer que ces films passeraient à la télévision. Pour moi, cela resterait assez intimiste et pourtant…

Un peu de transparence quant aux problèmes liés à la sexualité ou encore au sexe organe malade pour aider à guérir de potentiels maux, beaucoup de pornographie devenue…spectaculaire et accessible en illimitée, passionnément ou…non fréquentant l’amour, à la folie presque parfois, d’une tyrannie du plaisir,  pas du tout oubliée de notre société,  la marguerite  s’effeuille au gré du temps, égrainant ses germes d’aberration, parsemée de temps en temps de maturité,  pour un avenir …vacillant doté d’un soupçon …de sagesse ?

Crédit photo : site de RMC, émission de Brigitte LAHAIE

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Pulcherry Von Ober
Un regard posé sur l'esthétique car la beauté donne le ton de l'harmonie. Des papilles constamment en éveil ! http://www.sensetpeau.com/blog/ https://www.instagram.com/leschicsgourmandises/ @leschicsgourmandises

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