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Amsterdream : un week-end à Amsterdam

Amsterdream : un week-end à Amsterdam

01 juillet 2013 | PAR Fatima-Ezzahrae Touilila

L’année 2013 semble être l’année toute désignée pour visiter ou revisiter Amsterdam. Alors que ses canaux, construits durant l’âge d’or de la capitale, fêtent leurs 400 ans,  institutions et habitants inaugurent un été et une rentrée  de festivités. La capitale en ébullition, se rénove et s’invente inlassablement, pour offrir aux visiteurs, aux simples passants, des instants  incomparables, à la croisée des genres et des passions. Le temps d’un week- end, la réalité a détrôné le   rêve. 

« Sur l’eau » 

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Par une belle matinée d’été, la Venise du Nord nous accueille, radieuse, irradiée, et irradiante d’une lumière que reflète l’eau des canaux, sur les superbes bâtisses de briques rouges, qui nous semblent tendre dangereusement vers l’eau. Loin d’une illusion d’optique, les maisons construites sur des digues se sont inclinées au fil des siècles, jetant un regard curieux sur notre péniche (environmentally friendly comme tous les bateaux qui circulent sur le canal)  peinant à passer les ponts  minuscules et irréelles inondées de roues de vélo en effervescence. La péniche baignée de soleil, nous promène à travers le centre ville, alors que les berges des canaux se font terrasses de café, que la caresse de l’air, le tranquille  mouvement d’une eau infiniment claire, nous installent dans une ivresse délicieuse, mais peut-être est-ce le vin délicatement proposé par le capitaine en galion, du petit morceau de bois flottant.

Bientôt, le bateau s’amarre devant la façade de l’Hôtel Van Loon devenu musée de charme, rassemblant une collection unique et admirable de meubles d’époque. Le conservateur (nom) nous y accueille avec un large sourire dans une charmante véranda inspirée de celle de la Maison de la Vie Romantique. Il se fait humble et se pose en simple admirateur mais l’hôtel particulier entretenu par la famille Van Loon elle-même , est un véritable chef-d’oeuvre d’esthète,  surpassant son modèle, il    y règne un doux parfum de nostalgie, rehaussait d’une pointe piquante de dynamisme, puisqu’il accueillera à la rentrée, plusieurs expositions de grands noms de la scène de l’art contemporain, autour de l’histoire et de l’actualité du colonialisme.

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Notre échappée à travers les canaux sinueux de la ville, nous amène au Museumplein, où nous attend sur un écran géant,  l’Orchestre Royal en direct de  São Paulo, pour le premier concert d’une série en plein air, à l’occasion desquels les habitants et les visiteurs  s’installent une bière à la main gauche, un succulent stroopwafel dans l’autre, sur les pelouses verdoyantes  alors que le Concertgebouw en toile de fond est désert.

Une soirée médiévale

Le vent se fait entêtant alors que nous arrivons au château d’Amsterdam Muiderslot ,le seul château médiéval a être construit en briques rouges,  tout nouvellement restauré, et inauguré par la famille royale. Loin d’être un mémorial lancinant,  le château se fait  ode enchantée au mode de vie médiévale, réunissant pièces évocatrices, mais surtout des reconstitutions  mêlant attirail d’époque et jeu virtuel. Une occasion de chevaucher son fidèle destrier pour une joute bien réelle, le jeu est plus que distrayant  même les quadragénaires s’y prêtent  avec  emphase retrouvant l’espace d’un duel leur rire d’enfant. Après avoir redescendu les marches de la tour, nous pénétrons dans la salle de fête où nous attend une   longue table dressée et un feu,  pour commémorer les diners de Pieter Corneliszoon Hooft, communément appelé le Shakespeare hollandais, qui réunissait autour de lui dans cette même pièce toute  la scène artistique et littéraire. La pièce et nos yeux s’imbibent alors que le premier toast mémorial est donné. A la nuit tombée, nous retraversons le pont-levis sous la lumière pâle de l’eau dormante des douves reflétant la lune et les rosiers alentours, sous le hululement d’une chouette monumentale au bras d’un fauconnier.  L’âme en peine de nous arracher à  ce morceau de nostalgie riante.

Encore une dernière tournée au  « in het Aepjen » bar, l’un des plus anciens de la ville, qui doit son nom au fait que les marins y échangeaient des singes « aap » en néerlandais contre les bières, avant de retourner nous coucher, les sirènes de la vie nocturne de la capitale, pourtant fort attrayantes, n’auront pas eu d’effet sur nos jambes brisées.

« Van Gogh at Work »,  la nouvelle exposition du Musée Van Gogh,  une ode  géniale  à un travailleur  opiniâtre

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Le lendemain,direction « l’atelier de restauration des toiles de Vincent Van Gogh.  » (enfin le laboratoire futuriste et ultra-sécurisé). En face du Riksmuseum, qui vient de rouvrir ses portes après 9 ans de rénovation, on y apprend toutes les turpitudes de la vie des toiles, dont les couleurs se sont affadies, recouvertes d’une couche de vernis après la mort de l’auteur, fissurées par moment, les restaurateurs mènent alors une véritable enquête explorant la correspondance de l’artiste, ou les divers témoignages pour redonner aux toiles leur rayonnement d’antan. Une fois restaurée, elles rejoignent les collections du Van Gogh Museum. Installé à seulement quelques mètres de là, le musée fête ses 40 ans d’existence, avec une exposition exceptionnelle, un assemblage exclusif de la légende de l’art,  « Van Gogh at work ». Sur les 4 étages de l’exposition, c’est à chaque fois un aspect de l’homme à l’oeuvre qui nous est présenté, loin du génie au doigt d’argent, on y découvre un travailleur talentueux mais acharné, de ses premières esquisses laborieuses, jusqu’à ses chefs-d’oeuvre illuminés, ses outils triviaux, ses maîtres, et inspirateurs. On  y apprend que le jeune homme s’était d’abord conformé aux canons hollandais de l’époque , et que lorsqu’il arrive à Paris, il n’a aucune idée de la révolution artistique en cours, le génie a alors tout à apprendre admire en Delacroix, le grand coloriste, travaille auprès de Toulouse-Lautrec et d’Henri Bernard,  s’essaie au pointillonisme de Signac, avant de l’abandonner parce que nerveux, il lui faut travailler vite. Le parcours de l’exposition est élaboré avec soin,  les toiles, la correspondance, le matériel de d’artiste, jusqu’à celui des restaurateurs, les moindres aspects de la vie de ces chefs-d’oeuvre y sont représentés, pour un plaisir total.

Un Musée de la Marine  détonnant

Dernière étape de notre visite vertigineuse, le Musée de la Marine. Situé en plein centre-ville dans un château fort bordé d’eau, le musée s’organise sous  la forme de plusieurs ailes, qui offre chacune un parcours destiné à un public particulier, l’aile ouest accueillant les familles, l’aile est, les habitués.. tout en laissant l’ensemble en libre accès une fois munie du pass d’entrée. Loin de réunir galions, et deux ou trois reconstitutions de voiliers de quoi illuminer les yeux de quelques passionnés, le musée  propose une immersion dans un sous-marin, des parcours pédagogiques, des animations surdimensionnées,  le tout  ancré dans un décor sublime à la croisée des âges. Cette année, à l’occasion du 400ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, une exposition surprenante ouvrait ses portes, retraçant sous la forme d’une enquête policière à mener par les visiteurs, le devenir tragique, d’un navire négrier, voué  à l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire de la Marine hollandaise. dans l »aile Nord du musée, une surprise plus grande encore nous attend, un navire reconstitué en taille réelle et amarré, que nous  visitons les yeux ronds, avant de regagner la ville Lumière  bien terne à présent.

Visuels : (c) Fatima-Ezzahrae Touilila

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Fatima-Ezzahrae Touilila

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