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Prolonger l’été à Amsterdam, au Rijksmuseum

Prolonger l’été à Amsterdam, au Rijksmuseum

11 septembre 2017 | PAR Sabina Rotbart

Exposition à la scénographie audacieuse, table de chef ludique, on passerait bien un weekend au Rijksmuseum d ’ Amsterdam. Tellement le visiteur s’y sent bien accueilli.

Bien sûr, n’exagérons pas, vous ne dormirez pas au Rijksmuseum ! Seul le dix millionième visiteur depuis la rénovation du musée, un prof de dessin chanceux, a bénéficié de ce privilège en juin dernier. Il a eu la chance inouïe de dormir en tête à tête avec la Ronde de nuit. Mais aussi de se régaler et pas seulement en dévorant des yeux les meules peintes par les maîtres du XVIIème. Il a pu savourer les accords joyeux servis dans cette royale retraite par le chef étoilé du Rijsk, la table gourmette du musée. Donc, vous l’avez compris, Passer la nuit avec Rembrandt, vous le ferez en rêve !

Mais en attendant, vous pouvez, en cette rentrée, foncer au Rijskmuseum, quand les hollandais vaquent plutôt à leurs affaires et que le flux touristique n’est pas à son summum, histoire d’en profiter à contretemps. Certes vous ne serez pas seul au Rijskmuseum, mais vous pourrez l’apprécier plus facilement et vous gouterez mieux cette ville qui a toujours des airs de vacances avec ces vélos partout jusque dans le ventre du musée. Car une voie cyclable traverse même en effet de part en part. Quand on s’est avisé de la fermer pour gagner des espaces d’exposition, cela manqua de créer une guerre civile !

En ce moment une exposition est à privilégier, New realities, un panorama de la photographie au XIXème, très complet. Prises de vue archéologiques témoignant du patrimoine architectural, de la découverte des mondes lointains comme de l’intimité, images publicitaires souvent drolatiques, scientifiques ou policières, esthétisantes ou taxinomiques, les clichés s’ exposent sans jamais saturer le regard. On appréciera à quel point, au contraire de trop nombreuses expositions parisiennes qui pèchent par leur entassement confiné, le rythme et la diversité bien ordonnée rendent ici la lecture de l’exposition confortable, permise aussi par le grand volume des espaces et les vitrines transparentes de Wilmotte, parfois critiquées mais ici jouant à plein. On n’est pas ici dans le « On n’y voit rien » exprimé par le regreté Daniel Arasse. Pas d’austérité non plus dans les joyeuses lettrines qui courent le long des murs, enlaçant les photos et jouant avec elles. Bref, l’exposition a de la respiration, un fait trop rare quand il s’agit de montrer des photos anciennes, qui mérite d’être souligné.

Le Rijksmuseum possède une importante collection qui compte beaucoup d’originaux, de tirages uniques et de nombreuses photos d’amateurs « éclairés » (osons le mauvais jeu de mot) au côté des œuvres des pionniers célèbres (Talbot, Emerson, Nègre, Marville…). Le visiteur français découvrira là, Asser, célèbre photographe d’Amsterdam, Breitner et des horizons auxquels il est rarement confronté, la guerre sino-japonaise en 1895, les dégâts causés par la guerre de Sécession, les paysages de Sumatra ou d’Inde du sud… Comme les clichés botaniques de la première femme photographe Anna Atkins qui s’est penchée sur les algues. Agrandis, ses oeuvres deviennent des formes purement décoratives.

Bien sûr, au Rijskmuseum, vous ne résisterez pas, à aller saluer les œuvres emblématiques qui vivent là à demeure, que le musée a distribuées en mêlant sculpture, peinture, art décoratif, pour mieux soutenir l’intérêt.

Vous ne résisterez sans doute pas non plus au nouveau chef étoilé du restaurant attenant, le Rijsk. D’autant que vous pourrez vous offrir un plat pour moins de 20 d’euros. C’est joyeusement fun, déluré, frais et c’est une cuisine de produits souvent cultivés localement. A ne pas négliger non plus la carte des bières, fameuse ni les desserts, irrésistibles. Surprise garantie, ils sont servis dans une boite à cachettes comme celles où l’on garde enfant sa collection de minéraux. Légumes confits incroyables, comme la rhubarbe ou le potiron, fudges nordiques, la surprise est au bord de l’assiette. Une des photos exposées montre des lèvres prononçant les mots « je vous aime ». C’est ce que nous pouvons dire en sortant du Rijksmuseum en automne…

Sabina Rotbart

NEW REALITIES, la photographie au XIXème siècle, jusqu’au 17 septembre. A voir aussi, une exposition de photos sur la mer issue d’une collection privée, Sea views et les œuvres de Dubuffet disséminées jusqu’à fin septembre dans le jardin. Et à partir du 6 octobre, une exposition sur les apatrides commandée à Anoek Steketee.

www.rijskmuseum.nl

OÛ LOGER ? Les hôtels sont chers à Amsterdam et le passage est tel dans les adresses de Airnbnb que vous n’aurez pas forcément envie d’y séjourner. La solution : choisir une adresse drôle et un peu excentrée mais très bien reliée au centre ville. Par exemple, the Lloyd’s immeuble historique remodelé, qui propose des chambres du 1* au 5* à partir de 130 euros la nuit, www.lloydhotel.com et l’ Hotelnothotel dont chaque espace a été réalisé par un jeune designer différent, carrément loufoque www.hotelnothotel.com

Y ALLER ? Thalys vient d’augmenter le nombre de places moins chères, soit 35 euros l’aller (standard mini sur www.thalys.com

Visuels : ©Olivier Middendorp

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Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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