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Une Histoire d’amour : Michalik triomphe à la Scala

Une Histoire d’amour : Michalik triomphe à la Scala

23 septembre 2021 | PAR Juliette Sergent

Après Le Porteur d’histoire, Le Cercle des Illusionnistes ou encore Intra Muros, Alexis Michalik met en scène Une Histoire d’amour au théâtre de la Scala. Une comédie dramatique majestueuse.

Toute La Culture l’avait déjà aimé en 2020, nous revoilà en 2021. La salle de 550 places de la Scala est pleine à nouveau, remplie d’un public enthousiaste à l’idée de contempler une création signée Alexis Michalik. C’est la première fois depuis de long mois que certains mettent à nouveau un pied dans une salle de théâtre, et pour une reprise, Une Histoire d’amour est une choix idéal.

Une simplicité maîtrisée

Nous sommes en 2005. Katia et Justine se rencontrent lors d’un déménagement, et assez vite, les deux jeunes femmes tombent follement amoureuses l’une de l’autre. Mais Katia est sans doute destinée à mourir jeune, à cause d’une maladie héréditaire. Malgré tout, Justine lui fait le serment de la protéger et de l’aimer quoi qu’il arrive Après tout, lorsqu’on aime, c’est pour toujours.

Le début de leur histoire s’enchaine très vite. Naturellement, elles emménagent ensemble et se marient (symboliquement, nous sommes en 2005), toutes les deux couronnées de fleurs. Et voilà que Justine souhaite un enfant. Katia, trop souvent blessée par la vie, finit par accepter qu’elles tentent toutes les deux une insémination artificielle. Cette dernière tombe enceinte, mais quelques jours avant la naissance de leur enfant, Justine prend ses affaires et disparaît. Douze ans plus tard, cette maladie héréditaire est sur le point d’emporter le personnage de Katia. En quelques jours, elle doit alors trouver un tuteur pour sa fille Jeanne, et son frère William, est sa seule option. Quelques jours où Justine, qui hante toujours son esprit, revient pour ses derniers instants.

De l’amour jusqu’aux larmes

Il est impossible de se défaire de l’histoire, ne serait-ce qu’une seconde. Les scènes, parfois courtes, s’enchainent assez vite. Tel est le pari, amplement réussi, d’Alexis Michalik. Cela aurait pu être le point faible de cette représentation, mais les bons temporels fonctionnent pour cette œuvre, ne laissant aucun instant de distraction à notre esprit.

Le metteur en scène nous confrontent à l’amour, au vrai. Celui que nous rêvons tous de connaître une fois dans notre vie, majestueusement interprétées par Juliette Delacroix et Marie-Camille Soyer. Mais le personnage de William, est sans aucun doute le coup de cœur de cette troupe. Clément Aubert arrive sans aucun mal à transposer ses émotions sur la scène de la Scala, interprétant lui aussi, un personnage meurtri par l’amour. Il partage avec Pauline Bression la plus belle scène de la pièce, où elle tourbillonne avec élégance sur la belle chanson Can’t Help Falling In Love. Égoïstement, on aimerait que la représentation dure plus longtemps, pour un peu plus de temps avec les personnages.

Le souffle coupé face à ce raz-de-marée d’émotions – le rire, la tristesse, la colère, la mélancolie, le manque, la peur – on se délecte de cette histoire d’amour impossible. Clément Aubert, Pauline Bression, Juliette Delacroix, Marie-Camille Soyer et la jeune Victoire Brunelle-Rémy nous offrent une dernière chanson avant leur départ, Et Pourtant de Charles Aznavour. Après un dernier salut, des larmes coulent encore sur les joues de certains. Le public, littéralement conquis, est debout et acclame encore l’incroyable troupe de Michalik. Une histoire d’amour vient de prendre fin, pourtant, on en aimerait déjà une nouvelle.

Une histoire d’amour d’Alexis Michalik, au Théâtre de la Scala, De septembre à décembre : du mardi au samedi à 21h, les dimanche 17h. À partir 25 janvier : du mardi au samedi à 19h, les dimanches 17h. Relâches les 19 et 26 septembre, les 3, 7, 8, 9 et 10 octobre, les 17, 21, 28 novembre et le 12 décembre.

Durée : 1h30

Visuel : affiche Une Histoire d’amour

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