Spectacles
Un FANTASTIC week-end !

Un FANTASTIC week-end !

10 octobre 2012 | PAR Audrey Chaix

Dans les rues, chez les commerçants, autour de la machine à café… Lille en bruisse encore, de cette parade organisée par lille3000 pour lancer les festivités de Fantastic. Il y a ceux qui y étaient, qui comparent cette édition avec les précédentes – 2004, 2006, 2009, ceux qui ont préféré regarder la retransmission en direct sur France 3, ceux qui y ont participé… chacun y va de son anecdote, donne son avis… une chose est sûre, personne n’est indifférent à cette frénésie qui s’est emparée de Lille le temps d’un week-end, avec un temps fort le samedi soir, avec la parade.

Il y avait les choses à ne pas manquer, et ceux qui les ont loupées s’en mordront longtemps les doigts. En particulier, le mapping de Cosmo AV sur la cathédrale Notre Dame de la Treille, seulement visible pour le week-end de lancement. Une bonne dizaine de minutes de projections sur la cathédrale, retraçant les étapes de sa construction, avec quelques petits clins d’œil à Fantastic. Les badauds s’arrêtent, s’attardent et s’émerveillent devant ce petit bijou de précision technologique et d’humour poétique. Et chacun de regretter que cela n’ait duré que trois jours… Avec le sentiment malgré tout d’avoir fait partie des « happy fews » qui ont eu la chance de le voir !

Mapping Cosmo AV

 

Il y a eu les couacs, aussi, ces petits ratés qui rendent chaque édition unique… Cette année sera celle du « Tu te rappelles l’année où la Rambla n’était pas finie ? ». Cette fameuse Rambla, pour les non initiés, c’est la rue Faidherbe, qui relie la Gare Lille Flandres à la Place du Théâtre. Pour chaque édition, lille3000 y pose une installation monumentale, qui devient emblématique. Les éléphants de Bombaysers en 2006, les bébés noirs de 2009… la simple évocation de ces symboles permet à tout Lillois de resituer les événements. Cette année, la Rambla est un immense tunnel de lumière qui enjambe toute la rue, illuminée de milliers de LED multicolores. En son centre, une grande coupole. Le tout décoré d’étranges gargouilles. Cette « Dentelle stellaire », imaginée par le dessinateur belge François Schuiten, est superbe. Sauf qu’une bonne moitié de la structure est restée ce weekend dans le noir… elle n’a pas pu être finie à temps. Dommage pour la parade, mais heureusement, Fantastic dure trois mois et les Lillois pourront profiter de ce petit bijou jusqu’au 13 janvier.

Et puis il y a eu la parade. Menée par un géant fait de raphia jaune et rouge, imaginé par le délirant Nick Cave, artiste plasticien américain, suivi des créatures étranges des Plasticiens Volants, dragons et serpents virevoltant dans les airs, taquinant les spectateurs à leurs fenêtres ou bien ceux foulant les trottoirs de la ville. Sous l’ombre bienveillante de ces silhouettes imposantes, des groupes de danseurs et des harmonies mènent la danse. Seul regret : à moins d’être le long de la corde séparant la parade de la foule, difficile de suivre les évolutions de ces danseurs. A 21h pétantes, le coup d’envoi de la performance jouée sur la Grand’Place, orchestrée par Jean-Charles de Castelbajac, Fanny Bouyagui (Art Point M) et Mr Nô, est donné… pour s’interrompre quelques secondes plus tard. Trop de monde sur la Grand’Place, il faut bloquer les accès, sécurité oblige. Un peu de patience, et tout rentre dans l’ordre, le show peut commencer. Mannequins défilant dans des costumes tous plus délirants les uns que les autres, un Castelbajac dessinant en direct des croquis repris sur un écran géant, et les rythmes endiablés du mix de Dr Nô : l’ambiance est électrique malgré la pluie.

Dernier instant phare de la soirée, esplanade François-Mitterrand : l’orchestre national de lille s’échauffe sur du Bizet et du Prokofiev, afin de se lancer dans le Boléro de Ravel. Se lance alors un feu d’artifice qui durera une bonne demi-heure, clou d’un spectacle d’anthologie. L’orchestre, sous la direction de Jean-Claude Casadesus, commence à jouer l’Oiseau de feu de Stravinsky. Synchro, le feu d’artifice répond aux rythmes de la musique qui l’accompagne. Après le solo de piano ou de violon… voici le solo de pétarades, dont les éclats colorés se reflètent dans la façade de l’hôtel Crowne Plaza. Il s’est arrêté de pleuvoir : pur moment de magie.

Dancefloor géant sur la Grand’Place pour finir une nuit pleine d’étoiles. Si les mauvais coucheurs grognent du coût d’une telle manifestation, peut-être serait-il plus intelligent d’y voir le moyen de créer un moment de joie et de partage pour des Lillois qui n’ont pas boudé leur plaisir (entre 200.000 et 300.000 personnes ont fait le déplacement). Et tout cela ne marque que le commencement de trois mois de festivités : poussez les portes du Tripostal, de la Gare Saint Sauveur, du Palais des Beaux Arts, du LaM, et de tant d’autres lieux de culture qui montrent que cet hiver, c’est bien à Lille qu’il faut être.

 

Crédits photos : © Olivier Duhamel

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

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