Théâtre

Un Quatre-vingt-treize fidèle au roman de Hugo à la Maison de la poésie

Un Quatre-vingt-treize fidèle au roman de Hugo à la Maison de la poésie

12 avril 2012 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 20 mai prochain, la compagnie « In Cauda » partage un projet qu’elle porte depuis plus de 10 ans sur la scène de la maison de la Poésie : une adaptation DU roman sur la Révolution Française, « Quatre-vingt-treize » de Victor Hugo. Et les 5 comédiens relèvent le défi, en jouant tour à tour les révolutionnaires parisiens, les insurgés bretons et les grandes figures de la convention nationale. En moins de deux heures, en harmonie avec les mots épiques de Hugo, c’est toute la Terreur, autant dire tout la Révolution qui se déroule sous les yeux du public.

Écrit en 1874 à Guernesey, « Quatre-vingt-treize » est (peut-être avec « Les dieux ont soif » d’Anatole France) le grand roman sur la Terreur. La mise en scène de Godefroy Ségal respecte les 3 parties du livre de Hugo : En Bretagne / A Paris / Et retour en Bretagne. Exilé et resté fidèle au roi, le vieux marquis breton de Lantenac débarque à nouveau dans son pays où il réussit à lever 8 000 hommes. Parti de Paris pour mater la Contre-révolution, son neveu le Vicomte de Gauvain, doit l’affronter et surtout l’empêcher de permettre aux Anglais de débarquer en France pour tuer la Révolution. A Paris, rien ne va plus : Marat, Danton et Robespierre s’opposent sur tout. Sauf sur le danger des royalistes en Bretagne et la nécessité d’envoyer l’avisé Cimourdain pour soutenir Gauvain et souffler à l’officier trop généreux la rigueur d’exécution d’un vrai révolutionnaire…

De noir vêtus, habités par le texte de Hugo et se retournant parfois vers des instruments à bruits posés sur une table, les 5 comédiens de la Cie In Cauda rendent un bel hommage au roman qu’ils illustrent comme un modeste et rigoureux son et lumières. Batailles, débats, présentation mythique de la Convention, tout le livre de Hugo est là et par synecdoque toute la Révolution. Sous deux panneaux de sublimes peintures illustrant Hugo (signées Jean-Michel Hannecart), les humains semblent écrasés par l’histoire. Un très beau travail théâtral qui plaira aussi bien aux jeunes yeux découvrant « Quatre-vingt-treize » pour la première fois, qu’à ceux et celles qui se rappellent de ce baptême du feu et ne veulent pas faire défaut à leur émotions d’adolescence.

« Quatre-vingt-Treize », d’après Victor Hugo, adaptation et mise en scène Godefroy Ségal, peintures Jean-Michel Hannecart, projection Benjamin Yvert, assistante à la mise en scène Mathilde Priolet, avec : Géraldine Asselin, François Delaive, Nathalie Hanrion, Alexis Perret et Boris Rehlinger, cie In Cauda, Durée du spectacle : 1h50.

dessin (c) Jean-Michel Hannecart / photo (c) : D.R.

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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