Musique

Haydn et Les Sept dernières paroles du Christ en croix à la salle Pleyel

Haydn et Les Sept dernières paroles du Christ en croix à la salle Pleyel


Ton Koopman, l’orchestre philharmonique et le chœur de Radio France ont transporté vendredi dernier (6 avril 2012) les spectateurs de la salle Pleyel, au XVIIIe siècle. Le public a non seulement assisté, mais aussi participé, à un véritable spectacle baroque, au fil de l’œuvre de Haydn, Les sept dernières paroles du Christ en croix.

L’œuvre, à l’origine composée pour la confrérie espagnole Santa Cueva, était destinée à accompagner les actes liturgiques de la Passion. Les Sept Paroles du Christ, ainsi prononcées lors des cérémonies religieuses en alternance avec les pièces musicales, furent introduites et clôturées par l’ajout d’un prélude et d’un postlude, du fait de Haydn. Le succès de cet oratorio déclamé et scindé de pièces orchestrales ainsi que sa diffusion conférèrent à l’oeuvre un nouvel aspect. L’intérêt de la direction de Ton Koopman tient au fait qu’elle renoue avec l’état originel de l’oeuvre, qui jusqu’alors avait été abandonné au profit de ces remaniements postérieurs.

Dès son arrivée, le spectateur, muni d’une partition, est invité à accompagner le chœur, métamorphosant ainsi l’espace en une véritable scène baroque. De cet élan commun se dégage une atmosphère empreinte de bienveillance, la salle Pleyel semblant le temps d’un spectacle, s’être transformée en un lieu de pieux rassemblements. Le public est bel et bien plongé au cœur du XVIIIe siècle, chantant, sur fond d’orgue, à la gloire du Christ sauveur.

Le tempo de l’orchestre quant à lui parait lancinant, sept morceaux sont basés sur l’adagio, huit si l’on compte l’introduzzione. La voix immédiatement identifiable de Michael Lonsdale, figée, dure, douloureuse et sans recherche particulière de l’artifice, confère à l’œuvre une teinte tragique. Pourtant, l’alternance entre une tonalité mineure et majeure, ainsi que la large place offerte aux violons donnent une sonorité presque heureuse au Calvaire.

Ton Koopman nous offre un véritable tour de force musical. Autant que par l’opposition entre le texte déclamé et l’invitation au chant, la frontière entre le grave et le léger est mise à mal par l’exécution même de l’orchestre, qui de crescendo en decrescendo, joue en variations subtiles. Cette interprétation, tout en retenue, explose finalement au sein du Terremoto. L’agitation des archets est très vite rattrapée par les autres instruments, l’ensemble de l’orchestre éclatant dans un grondement final théâtral. Ce ballet déchaîné d’instruments, se pose comme « l’exutoire de la tension accumulée » (Marc Vignal) jusqu’alors entre une tonalité grave ou joyeuse, rappelant à quel point cette vision tragique que l’on porte sur la mort, est toute contemporaine.

 

Crédits photo : © visuel officiel du concert, http://www.sallepleyel.fr/

© visuels officiels, photographies de Ton Koopman et Michael Lonsdale, http://sites.radiofrance.fr/

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DIANE ZORZI DU MAGAZINE DES ENCHÈRES

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