Théâtre
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Un Autour de la folie sans tourbillon au Lucernaire

02 septembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Arnaud Denis présente jusqu’au 16 octobre Autour de la Folie, un montage de texte, de Flaubert à Francis Blanche donnant à entendre les paroles des fous, les paroles sur les fous.

Le spectacle a commencé de façon grandiose, un homme seul, habillé en blanc, couleur d’asile, raconte dans un anglais parfait ses symptômes schizophréniques à son médecin, peu à peu, il voit des monstres, des couteaux prêts en entailler le psy. L’attention est à son  comble, le regard du comédien est habité. Un incident se produit alors, des spectateurs arrivent en retard, bruyamment. Arnaud Denis perd sa concentration, il en aurait été de toute façon impossible autrement, et balance énervé  « on va attendre un peu alors » avant de recommencer à jouer.

Il faudra du temps alors, avant de voir développer toute la force de jeu dont Arnaud Denis est capable , nous l’avions adoré dans Ce qui arrive et ce qu’on attend de Jean-Marie Besset. Ici,  il tente de parcourir la souffrance mentale avec comme seul fil conducteur les folies. L’idée est belle, mais l’aspect patchwork offre une succession de saynettes inégales. Reste plusieurs moments flamboyants. C’est dans le champs contemporain qu’Arnaud Denis se déploie réellement : Le texte de Karl Valentin sur la  névrose obsessionnelle face à un  Aquarium au carré  et  la  dernière scène, mimée ou les mains du comédien semblent sortir d’un autre tiennent du génie. La parole rapide fait surgir alors un rire bienfaisant et bienvenue, qui, loin de la comédie, met encore plus en relief les tracas des âmes tourmentées.

La scénographie fait la part belle au symbolique en mettant en dialogue deux chaises qui deviennent minuscules,  témoin d’un réel qui s’éloigne quand la folie gagne celui qui croit voir juste ce que les autres ne perçoivent pas.

Le spectacle n’aura  pas eu l’effet coup de poing attendu, les ruptures nettes entres les textes donnent une sensation d’éparpillement  qui, loin de nous entrainer dans la démence nous font plonger dans l’ennui. Dommage.

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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