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Théâtre du Marais : Ça par exemple!

Théâtre du Marais : Ça par exemple!

20 mai 2011 | PAR Lea Iribarnegaray


Chaque mardi à 19h, le Théâtre du Marais accueille François Jenny pour son spectacle « Ça par exemple! » . Dans une atmosphère intimiste, le comédien, également auteur de la pièce, agite un bric à brac d’absurdités. Du héros de cinéma qui ne fait jamais pipi, aux tripes de porcs sous forme d’andouille…

« Je ne suis pas Jean-Pierre Coffe, je le déteste! ». François Jenny a raison de préciser tant la ressemblance est frappante. Ventripotent, crâne dégarni, lunettes rondes à la monture épaisse, le comédien collectionne les attributs du défenseur des produits du terroir.

Dans sa pièce, François Jenny ponctue chacun de ses débuts de phrases par un sempiternel « par exemple, je déteste… ». Il déteste Jean-Pierre Coffe certes, mais il déteste également les côtes de porc, les gens qui mettent des pantoufles en rentrant chez eux, les parapluies. Puisqu’il déblatère sur des sujets aussi extravagants que bigarrés, ce leitmotiv donne une certaine unité au texte.

Avec son visage maquillé de blanc, François Jenny rend hommage à sa formation au jeu de clown. Après avoir mis en scène plusieurs spectacles dans les années 1980, il a réalisé des émissions culturelles pour France Musique, France Inter et France Culture, puis écrit pour la télévision et le cinéma.

Touchant à tout, il fait très vite entrer l’absurde dans Ca par exemple! et interroge son public : « Sommes nous vraiment au spectacle ce soir? ». La réponse est oui. Le comédien se lance dans le playback d’un opéra, faisant se répondre une théière et un verre métalliques. Il imagine un film d’action avec des « zooms », « ellipses » et autres « jeux de lumières ». Il projette des souvenirs d’enfance sur un grand drap blanc. Il chante des chansons paillardes en alsacien. Enfin, il découpe sous nos yeux, et de façon magistrale, un poulet.

Entrecoupé d’intermèdes musicaux, le spectacle ressemble à un énorme fourre-tout. Alors que plusieurs spectateurs s’offrent le rire dans la petite salle du Théâtre du Marais, François Jenny mélange toutes ses influences. De Francis Ponge au Bérénice de Racine, en passant par Catherine Deneuve. « L’imagination provoque des choses inattendues », affirme François Jenny. Certes, mais l’on retiendra son talent de comédien, plus que la teneur de son texte alambiqué.

Illustrations de Thomas Tommy Coget

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Lea Iribarnegaray

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