Théâtre
Stéphanie Bataille est Peggy Guggenheim Femme face à son miroir

Stéphanie Bataille est Peggy Guggenheim Femme face à son miroir

21 mars 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Difficile de résumer Peggy Guggenheim en quelques mots: elle fut la plus grande collectionneuse d’art contemporain du XXème siècle, elle lança de nombreux artistes de Max Ernst à Jackson Pollock en passant par Yves Tanguy, elle a sauvé également bon nombre d’entre eux et des griffes des nazis et de la misère. Elle a accordé sa confiance et son jugement à des artistes en début de carrière qui ne jouissaient d’aucune popularité. Elle a aimé passionnément l’art, les hommes et sa famille et s’est battue pour ses passions avec acharnement. Elle nous laisse un splendide musée d’art moderne à Venise où elle vécut les dernières années de sa vie: le Palazzo dei leoni.

Stéphanie Bataille a déjà joué ce personnage du 17 mai au 25 juin 2011 au théâtre de la Huchette à Paris et repris ce rôle à Avignon en juillet 2011. Elle interprète devant nous avec grand talent, beaucoup de verve et d’aisance ce personnage haut en couleurs. De la vie très riche sur le plan privé comme sur le plan professionnel de Peggy Guggenheim, Lanie Robertson a écrit une pièce passionnante, prenante de la première à la dernière ligne qui se concentre sur quelques épisodes importants de la vie de la plus grande collectionneuse d’art de tous les temps. L’action se situe à Venise où Peggy a choisi de finir sa vie et de laisser sa trace, son oeuvre. Par flash back, Stéphanie Bataille nous raconte avec humour et décontraction ce que fut la vie de cette femme qui a su avec sa fortune sauvegarder des pièces essentielles de l’art du XXème siècle, suivre les conseils de ses amis Samuel Beckett, Marcel Duchamp…pour éduquer son gout, comprendre ces artistes novateurs et leur venir en aide de manière efficace. La mise en scène de Christophe Lidon découpe ce monologue en quatre tableaux dans lesquels nous plongeons aisément grâce à l’énergie et à la passion déployée par Stéphanie Bataille qui incarne avec conviction cette femme centrale dans le monde de l’art. En effet, il n’y aurait pas d’art sans collectionneurs. Le décor est plein du charme et de l’esprit artistique de cette femme, la manière dont est détaillée sa garde-robe est des plus réjouissantes, le jeu avec le hors-champ symbolisé par la porte ouverte subtil, il nous permet de nous imaginer aisément la présence d’un autre personnage derrière quand l’actrice feint de s’adresser à quelqu’un. La pièce commence de manière comique et finit un peu mélodramatiquement comme beaucoup de vies sans doute, nous sentons du vécu, du vrai dans tout cela et avons la larme à l’œil face à certains évènements qui surviennent dans l’existence de cette femme qui va perdre tant de gens qui lui sont chers. Qu’est l’argent sans l’amour? Qu’est l’art si l’on perd les artistes qui nous sont chers? Cette pièce est bien plus que le récit de la vie d’une femme d’exception, elle est une vraie réflexion sur la vie et l’art en général et c’est tout à fait passionnant, le temps s’envole et on verrait bien deux à trois fois le spectacle sans s’en lasser.

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Sandrine et Igor Weislinger

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