Théâtre

Richard 2 by the book

30 juillet 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Un Shakespeare dans la cour d’honneur, un shoot de classique dans un festival dédié aux arts pluriels. Ainsi, c’est par Richard 2 que le festival d’Avignon a fermé les portes du Palais le 27 juillet dernier. Avant de découvrir le spectacle aux Gémeaux en janvier revenons sur cette pièce majeure du répertoire du maître anglais.

Richard II est un roi hésitant. Son cousin Bolingbroke – qui est également son rival pour le trône – accuse Mowbray, le duc de Norfolk, d’avoir tué leur oncle, Thomas de Gloucester, et détourné des fonds royaux. Richard II propose de régler le conflit en bannissant Mowbray à vie et Bolingbroke pour dix ans, confisquant la fortune de ce dernier pour partir en croisade en Irlande.

Dans une cour d’honneur faussement dépouillée, Denis Podalydes endosse assez justement le costume trop grand et la couronne mal taillée de ce roi. Son rival, le duc de Norfolk, joué par Vincent Dissez , découvert dans les Justes monté par Nordey à la Colline est une révélation sur le plateau de 40 mètres d’ouverture. Chacun des deux est à la bonne place, Podalydès porte un petit roi, fuyant tandis que le futur Henry IV est , au départ, revanchard et triomphant.

Sur scène, un immense tronc d’arbre dont jailli du feu, une table et un trône en bois. L’essentiel se passe sur les murs  de la préstigieuse cour. Ils se troublent, se teintent d’ombres, s’éclairent. Par un jeu de projection, le décor vient dire la difficulté qu’à Richard 2 à tenir le rang. Finalement, ce roi laisse sa couronne assez volontiers.

Les costumes classiques et visuels ( Ha, la robe de la reine!)  donnent un aspect volontairement daté à la pièce. La référence est franche à ce texte qui a fait l’ouverture du premier festival en 1947 avec Jeanne Moreau et Jean Vilar pour les plus illustres.

Comment ce dispositif scénique trouvera place aux Gémeaux ? Il est fort à parier que la pièce devra se munir d’un décor plus conséquent pour combler le vide laisser par l’absence du ciel et des créneaux de la cour.

Au final, une pièce éminemment politique qui résonne terriblement sur la question des nouvelles formes de pouvoir et gouvernance, mis en scène  de façon agréable et juste par Jean-Baptiste Sastre.

Les dates de La Tragédie du roi Richard II après le Festival d’Avignon : du 6 au 16 janvier 2011 aux Gémeaux- 49 Avenue Georges Clemenceau 92330 Sceaux, France – 01 46 60 05 64

du 20 au 22 janvier au Phénix Scène nationale de Valenciennes ; du 25 au 29 janvier au Théâtre du Gymnase à Marseille ; les 3 et 4 février à Douai Scène nationale ; les 10 et 11 février à l’Espace des Arts
Scène nationale de Chalon-sur-Saône
; les 15 et 16 février à Bonlieu Scène nationale d’Annecy ; du 22 au 26 février au Théâtre de la Place à Liège ; du 1er au 5 mars au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines Scène nationale ;les 15 et 16 mars à la Maison de la Culture d’Amiens ; du 23 au 25 mars à La Comédie de Clermont-Ferrand,Scène nationale ; les 30 et 31 mars au CDDB Théâtre de Lorient ; les 7 et 8 avril au Théâtre de Nîmes.

Crédit Photo

Inception, constructions omniprésentes et rêves verrouillés
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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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