Théâtre

RESET, de la dramaturgie à la technologie

15 février 2010 | PAR Delphine Ameline

Reset est une pièce de théâtre moderne mise en scène par Cyril Teste avec la collaboration artistique de Joël Jouanneau. Cette pièce dramatique allie vidéo,  robotique et boite en verre ,tout en posant une problématique classique : la disparition. Quand la technologie devient théâtre, que se passe t-il ?

Avant même que la pièce commence, une atmosphère pesante et angoissante s’instaure avec une explosion continue et contenue dans un écran. Le drame est déjà palpable. Reset, comme son nom l’indique, est un retour à zéro. En l’occurrence, c’est le cerveau d’un homme de 50 ans atteint d’amnésie. Une perte d’identité, un cerveau qui a annulé toutes ses données. L’homme se retrouve dans une boite en verre qui représente l’hôpital. Que peut – on ressentir quand on ne se rappelle plus de rien, pas même de son nom ? Cette perte d’identité entraine un sentiment d’angoisse. Mais le plus inquiétant, c’est l’atmosphère de l’hôpital, aseptisé, hermétique dans cette boite qui campe le décor mais qui participe également à la pièce. La boite se déplace sur la scène et marque le passage d’une histoire à l’autre. En parallèle, un père disparaît. À travers les deux histoires, des images illustrent des moments de vie des personnages. Des montages qui s’associent à la pièce. Une mise en scène originale qui montre que la vidéo peut s’allier au théâtre dans une parfaite harmonie.

Pourtant, les deux histoires tournent en rond. D’un côté, la problématique de la disparition d’un homme. Ce mot symbolise deux choses : la disparition, un phénomène étrange et parfois même angoissant, et la disparition en terme de mort, qui entraine un sentiment de peur et de tristesse. La vidéo permet de jouer sur cet aspect, avec des images de l’homme disparu qui projettent le spectateur dans des moments intimes de l’homme et sa femme. Des retours en arrières qui seraient plus difficiles à mettre en scène sans vidéo. Le côté paranormal attire également l’attention avec la technologie (le ballon de l’enfant roule seul pour l’orienter). Mais les dialogues, souvent lents, accompagnent difficilement la vidéo. Ils s’accélèrent pour donner un sentiment d’oppression. L’image d’une société qui étouffe pour essayer de comprendre.

Mais l’homme amnésique n’a pas l’air d’avoir réellement envie de récupérer son identité initiale. Il veut partir de l’hôpital. Reset signifie également réinitialiser. Comme un ordinateur ou un cyborg, il va devoir réinitialiser ses données, son nom, son identité. « Monroe », c’est un nom lui plairait bien. Parfois, il vaut mieux oublier des moments de sa vie et repartir à zéro. Et si c’était possible de faire comme sur une calculatrice : appuyer sur « reset » dès que le calcul est erroné. Le médecin explique qu’il arrive fréquemment que l’amnésie soit fictive, inventée, ou même somatisée. Une implosion avec laquelle il vaut peut être mieux vivre. De nombreux films sur la perte de mémoire,  notamment la maladie d’Alzheimer, avaient déjà mis le doigt sur ce problème, et la relation du malade avec la société. Le film de Zabou Breitman, « Se souvenir des belles choses » avec Isabelle Carré dont le titre en dit déjà long, montrait habilement combien l’entourage est important pour se souvenir. Mais parfois, le malade préfèrerait ne se rappeler que des « belles choses ».

C’est dans une mise en scène originale, alliant robotique, projections, et dialogues, que « Reset » donne l’image d’une société où l’homme s’est perdu. Nous sommes des numéros, des identités. Reset oppresse et inquiète. De la dramaturgie à la technologie, une nouvelle approche intéressante du théâtre.

Informations pratiques :

«Reset » de Cyril Teste, en collaboration artistique avec Joël Jouanneau, du 4 au 21 février au théâtre Gérard – Philipe à Saint – Denis, 59 bd Jules Gesde, 93 200 Saint Denis, M° Saint Denis basilique. Réservations au 01 48 13 70 00

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Delphine Ameline

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