Théâtre
Premier bilan du 65e festival d’Avignon

Premier bilan du 65e festival d’Avignon

24 juillet 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Voilà, c’est fini, enfin… presque, puisqu’il reste encore deux petits jours de Festival, avec de belles choses,  notamment le dernier Castellucci et Sang et Roses de Cassiers. Le Off, quant à lui, se termine officiellement le 31 juillet mais nombre de troupes s’arrêtent entre le 26 et le 29 juillet. Retour sur une édition très réussie au taux de remplissage record : 93%.


Les jolis au-revoir
Le festival est « l’inverse d’un lieu qui est fermé ». C’est ainsi que Vincent Baudriller, le co-directeur associé à Hortense Archambault jusqu’en 2013, répond à la pseudo polémique lancée par Fabrice Luchini en guise d’introduction à la Conférence de Presse. C’est en se plaçant dans l’héritage de la mutation de Jean Vilar en 1967, quand, pour la première la fois, l’affiche disait  » Théâtre, ballet, cinéma , concerts » qu’il défend cette 65e édition à laquelle fut associé le chorégraphe Boris Charmatz.
Ce festival a naturellement donné une belle part à la danse et par son fil conducteur, l’enfance, a mis en mouvement la notion de communauté. Autre attaque sous-marine,  le festival ne serait plus le lieu de la création. Là encore, Baudriller se défend par les chiffres en avançant que sur les 37 spectacles , 22 étaient des créations et 4, des premières en France.
Un hommage fort a été rendu aux spectateurs, nombreux, puisque 128 000 billets ont été vendus, soit 12 000 de plus qu’en 2010.
Boris Charmatz en orateur parfait a remercié les deux directeurs et pointé l’idée que ce même  programme, aurait fait scandale il y a cinq ans. Aujourd’hui, le public est aguerri et connait bien les noms de Cassiers, Chéreau, Castellucci, Xavier Boussiron. Ce public est prêt à se lever à 3H du matin pour voir un spectacle de danse dans la pénombre -sublime Cesena -ou encore à traverser le pont, pour voir évoluer sur l’herbe, les danseurs de La levée des Conflits. Il est également prêt à accueillir la jeune création magnifiquement incarnée par l’énergie de Vincent Macaigne et la folie de François Chaignaud.

Les projets
Un travail est amorcé avec les élèves d’Avignon et le public local pour lui donner envie d’accéder aux salles. Le Petit projet de la matière en aura été le symbole fort en faisant, en guise d’ouverture du Festival, danser des enfants de l’école élémentaire d’un quartier sensible de la ville dans le gymnase du Lycée Mistral.
Les noms des prochains artistes associés sont connus. En 2012, ce sera l’actuel directeur du Théâtre de la Complicité, le comédien et metteur en scène britannique, Simon McBurney, puis en 2013, nous auront la grande joie d’assister à un festival qui associera le génial auteur, comédien et metteur en scène Dieudonné Niangouna qui travaille abondamment  sur les questions identitaires au Congo-Brazzaville. Il sera alors accompagné de Stanislas Nordey.

En 2012, Jérôme Bel, qui a consulté les spectateurs pendant une dizaine de jours sur leur Cour d’Honneur devrait monter une pièce sur le public de ce lieu mythique.

Les éternels débats
In et Off, la guerre continue. Deux conceptions du théâtre :  pour le « In » qui ne vit que pour les compagnies et pour le Off qui organise légèrement un salon du théâtre sans jamais prendre aucune responsabilité sociale sur l’accueil des comédiens. Vincent Baudriller n’a pas apaisé la situation en affirmant rejeter la formule « in » arguant « Il y a le festival d’Avignon et autour, il y a le off ».
Les deux dernières éditions d’Hortense Archambault et Vincent Baudriller avant l’arrivée d’Olivier Py s’annoncent donc toujours dans une grande distance vis-à-vis de la direction du festival off, qui a chapeauté cette année la location des créneaux dans les lieux de représentation de plus de 1 000 compagnies.
Il y a des choses qui ne changent pas sous les bruissements des feuilles du Platane du Cloître Saint-Louis, bien loin des bruits de la ville.  La création est en marche dans le respect du public et des compagnies.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

2 thoughts on “Premier bilan du 65e festival d’Avignon”

Commentaire(s)

  • Benjamin

    Le niveau de langue et l’orthographe présageant souvent de la culture de l’auteur, et donc de sa perméabilité aux impostures intellectuelles, on comprend pourquoi vous êtes à ce point dithyrambique. Comme dirait l’autre, « la modernité, c’est pour les cons : nous, on préfère l’art. » Remarque qu’il conviendrait de souffler à l’oreille des deux malheureux que l’on nous a un jour imposés comme directeurs d’un tel festival.
    Bien à vous.

    juillet 24, 2011 at 21 h 50 min
  • Amelie Blaustein Niddam

    Cher monsieur, merci pour vos belles remarques, il me semble que cet article a été maintenant corrigé du mieux possible, merci pour votre lecture attentive, et j’espère à bientôt.

    juillet 25, 2011 at 20 h 12 min

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