Musique

Les jouelistes de l’été (4) : musiques de la route

24 juillet 2011 | PAR Mikaël Faujour

Nous poursuivons la série des jouelistes de l’été avec un thème évident et tout à fait estival : la route. Le mythe ô combien américain célébré par Jack Kerouac, héritier d’autres poètes de l’errance et du voyage (Walt Whitman ou Blaise Cendrars, notamment), a irrigué abondamment l’histoire des musiques populaires, et notamment américaines. Voici une petite sélection de chansons de la route.

Canned Heat : « On the Road Again »

Les hymnes au voyage ont fait florès dans la génération hippie, qui se revendiquait entre autres des poètes beat et du précurseur Kerouac. Citons, pêle-mêle « The Letter » des Box Tops, « California Dreamin' » des Mamas & Papas, « I Get Around » des Beach Boys, ou encore plusieurs morceaux légendaires de Bob Dylan… Ensorcelante par son lancinant tambura, la chanson de Canned Heat reste un classique absolu de l’histoire du rock – et l’une des plus envoûtantes invitation au voyage.

Steppenwolf : « Born to Be Wild »

Précurseur du hard rock, ce groupe nord-américain reste dans les mémoires pour ce titre imparable, bien évidemment rattaché au dément Easy Rider, dont il était un titre-phare de la BO. Hymne absolu à la route, musique de bikers disant l’ivresse de la vitesse, « Born to Be Wild » est l’un des premiers morceaux qui viennent à l’esprit sitôt que l’on pense « road trip ». Et quel morceau !

Red Hot Chili Peppers : « Road Trippin » »

Issue de leur trop souvent sous-estimé album Californication (1999), cette chanson des Chili Peppers a pour elle toute la douceur d’une ivresse paisible, évoquant volontiers une lumière estivale de crépuscule et cette poésie languide du jour qui s’achève.

Deftones : « Be Quiet and Drive (Far Away) »

Sur la scène metal américaine, Deftones occupe une place particulière. Incorporant des sonorités électroniques ou new wave, le groupe californien a tôt donné à sa musique une facette éthérée, sensuelle, rêveuse, servant souvent des paroles abstraites, voire poétiques dans les meilleurs cas, choses assez peu communes dans le metal US. « Be Quiet and Drive (Far Away) » résume toute la musique du groupe, alternant doux onirisme et décharges nerveuses, en une ode à la route – à la fuite ? – et à la sensualité.

H. P. Lovecraft : « Wayfaring Stranger »

Classique du répertoire traditionnel anglophone, « Wayfaring Stranger » a connu maintes reprises et relectures, de la poignante version de Burl Ives jusqu’à celles de Johnny Cash, Jack White ou 16 Horsepower, en passant par celle splendide de Tim Buckley. Nous choisissons celle d’un groupe psychédélique quelque peu oublié, et qui pourtant ne manquait pas d’atouts.

Kyuss : « Gardenia »

Kyuss a beau n’en être pas l’initiateur, il reste LE nom qui vient le plus spontanément sitôt qu’on parle de stoner. Avec une section rythmique d’une puissance implacablement tellurique, des riffs gras et psychédéliques, un chant nerveux et exultant, le premier groupe de Josh Homme – reformé récemment sans lui – écrivait quelques-unes des plus belles pages du stoner. Issu de Welcome to Sky Valley (titre non officiel) et écrite par le batteur Brant Bjork (qui fera après Kyuss une carrière de guitariste-chanteur de plusieurs groupes), « Gardenia » est une des chansons les plus irrésistiblement physiques jamais écrites sur la route, thème cher aux stonerheads.

Mike Patton : « Ford Mustang »

Initialement une chanson de Serge Gainsbourg avec Brigitte Bardot, « Ford Mustang » est un singulier exercice d’écriture poétique. L’inlassable démiurge américain, stakhanoviste caféinomane, Mike Patton (Mr. Bungle, Faith No More, Tomahawk, Peeping Tom, Fantômas, Mondo Cane et tant et plus…) se saisit de cette chanson peu connue du grand Serge, pour une version assez proche de l’originale.

Ray Charles : « Hit the Road Jack »

On l’a un peu oublié tant l’appropriation de Ray Charles est devenue le mètre-étalon, mais la chanson est initialement de Percy Mayfield. Dédiée à Jack Kerouac d’une façon très évidente, cette chanson a été maintes fois reprise depuis qu’elle fut écrite en 1960, mais la meilleure version reste bien celle du génial pianiste.

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Mikaël Faujour

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