Théâtre
Plongeon dans les Sixties d’Union soviétique à Chaillot avec « The Sound of Silence » d’Alvis Hermanis

Plongeon dans les Sixties d’Union soviétique à Chaillot avec « The Sound of Silence » d’Alvis Hermanis

05 mai 2011 | PAR Laurene Saby

Depuis hier et jusqu’à dimanche seulement se joue la pièce phare du renommé metteur en scène letton Alvis Hermanis au théâtre de Chaillot. « The sound of silence » raconte les espoirs d’une jeunesse fan de Simon & Garfunkel, tiraillée entre utopie collectiviste et individualisme des sentiments.

 

 

 

 

 

 

1968, dans un appartement communautaire de la capitale lettone. Les tubes de Simon & Garfunkel s’écoutent en cachette sur d’obsolètes tourne-disques avec des 45 tours achetés sous le manteau. Mais la musique est bien là, elle résonne à travers les murs aux papiers peints craquelés et aux jointures encrassées. La pop-folk du duo américain fait souffler un vent de liberté dans le quotidien de jeunes gens idéalistes, découvrant l’amour dans un tourbillon Flower Power.

Une quinzaine de comédiens sur scène se livrent à un jeu de mime à la Chaplin (Alvis Hermanis a travaillé l’art du mime au Conservatoire national de Lettonie à ses débuts.) C’est donc un spectacle muet que le metteur en scène nous livre, mais en musique s’il vous plaît. La bande-son de Simon & Garfunkel emplie le théâtre de Chaillot, pour le plus grand plaisir des oreilles du public. C’est avec ce « son du silence » que l’on apprécie d’autant plus l’action sur scène, permettant d’ailleurs à des spectateurs de langue différente de rire des mêmes pitreries. Ce langage universel de la musique,  lie les acteurs et se fait le vecteur de rêves éveillés ( des lapins entreprenants, une vache laitière ou encore une aristocrate française de la belle époque apparaissent dans l’appartement comme par magie.) Les chansons rapprochent sur la scène (on sniffe de la colle, on danse, on joue avec le feux en s’offrant au premier venu, et toujours avec humour !)  C’est la légèreté d’une période d’insouciance que veut illustrer Alvis Hermanis avec sa création. A grand renfort de comique ( de gestes, de répétitions, de situation), il parvient à faire rire les plus blasés.

La pièce, malgré quelques longueurs, peut-être liées à la durée du spectacle, d’une durée de 03h 15, est rythmée constamment par l’enchaînement de scénettes cocasses et poétiques. Accessible et sans prétention, cette belle représentation nous plonge littéralement dans un monde pas si lointain. Les décors aux couleurs jaunies rappellent ceux du magnifique film « La vie des autres » de Florian Henckel von Donnersmarck, avec le côté joyeux en plus. Et les costumes ! Accessoires, coiffures et  autres parures n’ont rien à envier aux clips de France Gall période Eurovision. Sans nostalgie ni passéisme, Alvis Hermanis nous offre un morceau d’histoire d’une touchante simplicité. Longtemps après la fin des applaudissements, bien au chaud dans votre lit, « The Sound of Silence » résonne dans votre tête et vous fredonnez Simon & Garfunkel, ravie de votre soirée.

 

 

 

 

 

 

Alvis Hermanis

 

 

 

(c) visuel : www.voir.ca, Théâtre de Chaillot, blog-zic.com

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Laurene Saby

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