Théâtre
Mozart 1789 Pouchkine – Mozart

Mozart 1789 Pouchkine – Mozart

28 février 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

 

Enfants, Mozart et Marie-Antoinette se sont connus et ont même songé à se marier. La pièce met en parallèle leurs deux destins: celui de Marie-Antoinette prisonnière de son rôle de reine de France et celui de Mozart en quelque sorte esclave de son génie. Deux personnages historiques emblématiques qui ont tenté d’aspirer à la liberté, avec succès pour Mozart, tragiquement pour Marie-Antoinette, deux enfants qui ont du grandir trop vite, deux êtres pour qui les notions de liberté-égalité-fraternité n’ont jamais eu le même sens que pour les autres. Marie-Antoinette n’a été ni libre ni traitée sur un plan d’égalité avec quiconque de par sa naissance puis par son mariage avec Louis XVI ni accueillie fraternellement par le peuple français, qui l’a aussitôt nommée « L’autrichienne ». Quand à Mozart, s’il a su n’en faire qu’à sa tête musicalement, las des commandes souvent impayées qui lui étaient réclamées par les puissants de ce monde, ainsi que le dit Salieri, son rival, il ne saurait être mis sur un pied d’égalité avec quiconque puisque son extraordinaire talent musical fait de lui un incomparable génie d’où la jalousie non fraternelle dont il  a fait l’objet. Personnifier son génie par une muse dans cette pièce, le Chérubin des noces de Figaro de Beaumarchais, permet de mettre en évidence toute l’extravagance du personnage, à la fois créateur et captif de ses créations.

Lier Mozart et l’année 1789, c’est établir un lien entre le génie créateur et le besoin de liberté du peuple français, qui prend la Bastille le 14 juillet de cette année. Liberté, égalité, fraternité sont en effet des thèmes majeurs de ce spectacle d’autant que l’un des personnages est Marie-Antoinette, une femme dont le rôle dans l’Histoire, la part de responsabilité dans la Révolution française et la mort atroce par la guillotine continuent de faire débat de nos jours. Les scènes se succèdent à un rythme endiablé, les acteurs sont absolument remarquables en particulier Alexandre Martin-Varroy dans le rôle titre de Mozart et Marie Planinsek qui incarne une Marie-Antoinette bouleversante, qui nous met les larmes aux yeux. Les scènes où les acteurs se font marionnettes sont d’une maitrise gestuelle sensationnelle. Lorsqu’ils chantent, bien que nous ne comprenions pas leurs propos, leurs voix sont si splendides en particulier celles des deux femmes:Marie Planinsek et Loreline Mione (Chérubin) que c’est un régal pour les oreilles. Nous nous délectons de la folie du personnage de Mozart, de sa vivacité d’esprit, de ses jeux de mots, de ses lettres espiègles, de ses réparties vives. Les costumes sont splendides, nous sommes tenus en haleine d’un bout à l’autre, transportés tant dans l’histoire des héros que dans l’Histoire.

Un spectacle magistral à ne pas manquer, véritable fresque historique.

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Sandrine et Igor Weislinger

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