Théâtre

Mort de Bruno Bayen, figure intrigante du théâtre contemporain

Mort de Bruno Bayen, figure intrigante du théâtre contemporain

08 décembre 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

L’auteur-metteur en scène Bruno Bayen, remarqué pour ses spectacles dès le milieu des années 70, et grand connaisseur des dramaturgies allemandes, est mort à 66 ans.

bruno-bayenBruno Bayen est mort à 66 ans, le mardi 6 décembre. Les amateurs de théâtre contemporain qui, en 2010, étaient dans leur vingtaine, le connaissaient notamment pour sa pièce Laissez-moi seule, présentée à la Colline en 2009, et dans laquelle il s’était intéressé, de façon décalée, à la figure de Lady Diana ; ou encore, pour sa mise en scène des Femmes savantes en 2010 à la Comédie-Française ; et bien sûr, pour le texte de Peter Handke qu’il aurait dû porter à la scène au sein de ce même théâtre en 2006, Voyage au pays sonore ou l’Art de la question, spectacle qui fut annulé sur décision de Marcel Bozonnet, alors Administrateur général de la maison, en raison de la présence de Handke aux funérailles publiques de Slobodan Milosevic.

La carrière de Bruno Bayen avait commencé des décennies auparavant. Elève à Normale Sup, il avait fondé très tôt sa première compagnie, La Fabrique de Théâtre. Elle visita en 1972 le Off d’Avignon. Puis lui fut ensuite nommé, très jeune, au Grenier, à Toulouse, aux côtés de Maurice Sarrazin. Mais c’est en indépendant qu’il créa ses formes les plus remarquées, au cœur des années 70, 80, puis 90. Passionné par Bertolt Brecht, il monta pourtant davantage Georg Büchner, J.-W. von Goethe, Frank Wedekind, Rainer Werner Fassbinder… Mais aussi Blaise Pascal, dont il fit des Provinciales un spectacle qui marqua les critiques, montré à Paris en 2008, dans ses années tardives. Il fut traducteur, de Peter Handke entre autres, il fut aussi comédien, metteur en scène d’opéra, il signa des textes narratifs, et même un film : Swing Troubadour. Soutenu au milieu des années 70 par Bernard Sobel, puis au début des années 80 par Antoine Vitez, il dirigea également, à pas mal de reprises, le fascinant Axel Bogousslavsky… Son dernier livre, Elève, paraîtra bientôt chez Christian Bourgois.

Aujourd’hui, l’amateur de théâtre contemporain trop jeune pour avoir pu profiter de ses coups d’éclats a tout simplement envie de lire, et de découvrir, les textes qu’il écrivit en tant que dramaturge, et qui donnèrent lieu à ses spectacles les plus célèbres : Schliemann, épisodes ignorés, créé en 1982 avec Antoine Vitez, ou Weimarland, créé en 1992, par exemple… Une manière d’entendre sa voix, décrite par beaucoup comme singulière.

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Visuel : capture d’écran / Bruno Bayen en 1990

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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