Théâtre
Lo Speziale opéra bouffe Goldoni-Hayn

Lo Speziale opéra bouffe Goldoni-Hayn

10 janvier 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

A Venise, un pharmacien, Sempronio, son assistant, Mengone, et un riche notable, client de l’officine, Volpino, sont tous trois amoureux de Grilletta, la pupille de Sempronio. Cette dernière joue avec leurs cœurs et brouille les pistes, rendant fous de passion les trois hommes qui élaborent des stratagèmes riches et variés pour la conquérir.

 

 

 

De cette pièce comique écrit par Goldoni en 1768, Haydn a écrit une partition musicale des plus virtuoses et envolées. Il inaugure cette pièce, qui peut se traduire en français par Le pharmacien ou L’apothicaire, sur la demande du prince Nicolas Esterhazy pour le théâtre qu’il vient de créer dans la ville portant son nom. Seuls quatre des sept personnages de la pièce originale de Goldoni subsistent, le but est de concentrer l’action sur ses moments les plus divertissants.

 

 

Chaque scène donne lieu à des airs entraînants, tour à tour légers et passionnés. Les répliques sont pleines d’humour, leur répétition en accentue le burlesque. Les personnages ne sont pas éloignés de la bouffonnerie, en particulier Sempronio, qui est en quelque sorte le dindon de la farce. Jean-François Chiama l’incarne avec une remarquable virtuosité, son talent est particulièrement mis en avant dans la scène où il danse avec un simple morceau de bois. Les trémolos de sa voix sont remarquables. Les nuances qui sortent de son gosier et de celui de la belle Karine Godefroy, qui incarne l’héroïne, sont sidérantes, splendides. Chaque acteur incarne son rôle avec une telle passion et suscite tellement notre attention que nous en oublions parfois de lire les sous titres français. Ces derniers, habilement et discrètement projetés sur un mur du décor, nous permettent de mieux comprendre la comédie qui se joue sous nos yeux. Cette dernière nous divertit d’autant plus qu’elle n’est pas très vraisemblable. La simplicité de l’intrigue nous permet de nous concentrer sur la traduction dans un français d’époque des répliques des personnages. Un charme désuet se dégage de l’ensemble, les costumes sont splendides, le décor simple et très beau, se révèle plein de surprises qui se dévoilent au fil du spectacle.

Un petit bijou qui montre toute la modernité de l’opéra, ce chef d’œuvre lyrique brille de tous ses feux.

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Sandrine et Igor Weislinger

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