Théâtre
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Les optimistes, les acteurs du théâtre Majâz offrent leur processus de paix

29 décembre 2012 | PAR La Rédaction

Quand l’actualité et le soulèvement gazaoui nous rappellent que le conflit israélo palestinien n’en est que trop réel, les acteurs du théâtre Majâz et leur dernière pièce « Les Optimistes » tentent de trouver une résolution au conflit en passant par l’imaginaire.


C’est par un travail d’improvisation, complété par des recherches historiques, que les comédiens ont dessiné petit à petit l’histoire d’une maison dans le quartier de Jaffa. Jouée en français, en arabe et en hébreu sous titré, la pièce nous invite à comprendre le poids du passé et la notion de transmission. La troupe a séjourné l’été précédent et joué la pièce, à Jaffa, désormais quartier en partie arabe rattaché à la ville de Tel Aviv, pour improviser et trouver la manière la plus juste de traiter d’un sujet si délicat.

La pièce est construite autour d’une maison, qui a appartenu à Beno, juif rescapé des camps souhaitant s’installer en Terre promise et à son épouse, Malka. Mais cette dernière préfèrera rentrer en Europe, où elle donnera naissance à Samuel. Samuel hérite alors de cette maison qu’il doit mettre en vente. Ce n’est pas seulement d’une maison qu’il hérite mais d’un passé qu’il doit se réapproprier, ignorant tout de son grand-père.

Comme Samuel, nous tentons de comprendre l’histoire de cette maison depuis 1948, année où débuta l’exode palestinien. Beno reçoit une lettre des anciens propriétaires palestiniens expulsés lui demandant de décrire leur ancien foyer ainsi que le verger.

C’est alors que l’imaginaire prend le dessus. Tandis que les Palestiniens font référence à cette période en tant qu’ « al-Nakba », la « catastrophe », Beno et ses amis décident de préserver l’image de la Palestine connue par les réfugiés palestiniens. Ils ont en effet décidé de leur dresser une version plus douce de la réalité et de leur donner espoir. Ils en arriveront jusqu’à « jouer les résistants » de manière pacifique, en créant un journal de toute pièce livrant un point de vue différent de celui officiel donné par l’autorité israélienne, plus favorable aux « vaincus ». Un optimisme qui met du baume au cœur en cette période.

S’il n’est pas évident de traiter de cet épisode du conflit israélo-palestinien, le théâtre Majâz le fait en finesse en passant par la fiction. Mais quelques piqûres de rappels historiques nous sont faites, de manière un peu brutale, à différentes reprises, par un comédien de la troupe, s’avançant vers le public. Celui-ci traite alors de manière glaçante de la question du vol des terres des Palestiniens en l’illustrant par des résolutions de l’ONU non respectées.

Pour un sujet complexe, le récit est simple mais la mise en scène est étudiée. Elle est épurée, n’ayant pour décor qu’un quadrilatère vide au centre de la scène, symbolisant la maison. En effet, cette maison, au centre de l’histoire, est également le pilier de la scénographie. Elle est matérialisée par une ossature carrée, amovible, qui peut tourner sur elle-même, comme les aiguilles d’une montre, permettant ainsi de nous replonger quelques dizaines d’années en arrière.

Pas de coulisse, les comédiens sortant de l’ossature de la maison, huis-clos d’une histoire familiale, se mettent côté cour et côté jardin, devenant alors eux-mêmes spectateurs.
Certaines scènes juxtaposent les époques, Samuel se trouve dans la maison en présence de son grand-père, découvrant en même temps que lui, le sort des réfugiés palestiniens. Le sentiment de culpabilité saute alors d’une génération à une autre.

Justine Braive

 

Visuel : David Buizard

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