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Our boys, mini-série passionnante toujours disponible sur Canal +

Our boys, mini-série passionnante toujours disponible sur Canal +

07 mai 2020 | PAR Katia Bayer

Lancée en janvier sur Canal + et toujours visible sur la chaîne-cryptée / My Canal, la série américano-israélienne (co-production HBO/Keshet) « Our boys », co-écrite par Hagai Levi (« The Affair », « BeTipul »), Joseph Cedar (« Beaufort », « Footnote ») et Tawfik Abu-Wael, fait partie de nos découvertes récentes dont on ne peut que louer le format, la force, l’interprétation et la qualité d’écriture.

Déclinée en 10 épisodes, elle s’inspire de faits réels en y intégrant une bonne dose fictionnelle. Elle multiplie aussi les angles, passant allègrement d’un personnage, d’un contexte et d’une histoire à l’autre. Shimon, un agent du Shabak (le service de sécurité intérieure israélien) mène son enquête suite à l’enlèvement et au meurtre d’un jeune Palestinien de Jéusalem-Est en représailles au rapt et à l’élimination de trois adolescents israéliens par des membres du Hamas en 2014. Ces événements historiques avaient conduit au déclenchement de la guerre de Gaza.

Mêlant images d’archives et scènes fictionnalisées, Our boys s’appuie sur des acteurs hyper justes, parmi lesquels s’illustrent Shlomi Elkabetz (Shlomo), Jony Arbid (Hussein Abu Khdeir), Adam Gabay (Avishay Elbaz), Jacob Cohen (Rabbin Shalom Ben-David), Lior Ashkenazi (Uri Korv) et Noa Koler (Dr Segal).

Les enjeux de cette série tournée en hébreu et en arabe se révèlent absolument passionnants. Our boys réussit à se doter d’une tension dramatique du premier au dernier épisode, entre champs et hors-champs. Sans en dévoiler son contenu, on dira seulement qu’elle combine vengeance, sacrifice, douleur, religion, manipulation, fragilité mentale, racisme, devoir, justice, dignité et familles en crise.

La série pourrait s’apparenter à un très bon film (enfin plutôt à 5, au vu de sa durée) tant l’intrigue accroche le spectateur. Elle permet aussi de mieux appréhender la société israélienne, d’en ressentir ses paradoxes mais aussi sa complexité. Bêtement, la série a été vilipendée par la droite israélienne qui lui a reproché de ne pas prendre le parti des “boys” israéliens enlevés et tués. Pourtant, elle ne manque pas d’éclairer, de décrypter un jeune Etat tiraillé, à la croisée des cultures, des religions, des points de vue et des doutes. Et dans les faits, on est content d’isoler, parmi la masse ambiante d’images négligeables, une série politique ambitieuse, critique qui parle ouvertement de racisme, d’innocence, de sacrifice, de repentir et de délire mental.

Dernier point à évoquer : l’affiche de la série. En une image, tout est dit : deux vues opposées de Jérusalem, un enlèvement, la jeunesse, le feu, le sang, et au milieu, une route qui lie et sépare les individus.

visuel : Canal +

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Katia Bayer

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