Théâtre

Les femmes en scènes

Les femmes en scènes

08 mars 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

A l’occasion de la Journée de la femme, Toute la Culture s’interroge sur la façon dont elles sont représentées en ce moment sur les planches de théâtre. Si 2010 était politique vintage avec une explosion des représentations de Maisons de Poupée, 2011 semble obsédé par l’éternelle question mère ou pute? La crise de la quarantaine et les infidélités envahissent les plateaux.

Au théâtre du Rond Point, deux pièces inégales se partagent l’affiche. D’un côté, Harper Regan propose un spectacle bordeline où excelle Marina Foïs. Elle se réveille un matin, réalise qu’elle a 41 ans et que sa vie l’étouffe, elle part 48h dans sa ville d’enfance où son père vient de mourir, elle trompe, picole, revient, tout en changeant de vie. La pièce fonctionne dans une mise en scène admirable. Au contraire, Le problème de François Begaudeau vient juger cette femme, mariée depuis 23 ans, peinant à quitter le « foyer ».

Le festival Les femmes s’en mêlent au CDN de Montreuil a posé récemment  une question pas si désuète : « Que deviennent les femmes » ? Bien sur, depuis moins d’un siècle, les femmes ont le droit , dans le désordre, de travailler, signer des chèques, avorter , prendre la pilule, voter. Est-ce pour autant que les questions d’égalité des salaires,de discriminations, des doubles journées, doivent être tues ?

Le théâtre de 2011 met en scène des femmes travaillant, systématiquement dans une difficulté à gérer leurs multiples casquettes. Il y a une forme d’évidence dans les spectacles contemporains de 2011, les femmes ne sont jamais « à la maison ». C’est également le cas dans les Rêves de Margaret actuellement au théâtre de la Ville ou dans Ma Chambre Froide à l’Odéon, les femmes y font des métiers peu qualifiés et éreintants. Matelassière, femme de ménage,  bouchère…Elles ne sont jamais chef d’entreprise. Dans le Problème, elle est infirmière, dans Harper Regan, salariée déjà de haut rang, dans Modèles de Pauline Bureau, l’une doit rendre des comptes sur un dossier tout en donnant à manger à son enfant et en préparant le dîner pour la belle famille.

Les femmes de la saison 2011 sont  peu glamour,souvent débordées dans une forme de réalisme posant de réelles questions sur la fausse égalité des sexes.

Buveuses de bière en talons aiguilles oui Monsieur!
Femmes pour le dire, Femmes pour agir, une association éclairée et singulière
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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