Cinema

We want sex equality: quand les ouvrières se révoltent

08 mars 2011 | PAR Sonia Ingrachen

Au printemps 68 en Angleterre, une ouvrière découvre que, dans son usine, les hommes sont mieux payés que les femmes. En se battant pour elle et ses copines, elle va tout simplement changer le monde…
183 ouvrières couturières de l’usine Ford de Dagenham décident de faire grève, elles sont payées 15% de moins que des ouvriers non qualifiés alors que leur travail, assembler le revêtement des sièges de voitures, exige une réelle qualification.

Alors que les suffragettes ont marqué l’histoire des femmes à travers leur combat pour le droit de vote, rares sont ceux qui connaissent le mouvement de grève contre le déclassement de ces ouvrières anglaises. Ne se réclamant d’aucune mouvance politique, ni féministes ni engagées ni intellectuelles, ces femmes ordinaires, poussées par le délégué syndical Albert (Bob Hoskins) furent les pionnières inattendues de la lutte pour l’égalité salariale.
Le réalisateur Nigel Cole, habitué des comédies sociales depuis Saving Grave et Calendar Girls, a rendu hommage au combat si peu connu de ces femmes. A la fois drôle et touchant, We want sex equality fait le portrait de ces femmes ordinaires « made in Dagenham », ouvrières, amies, épouses, qui désiraient avant tout être prises au sérieux.

Dans le film, c’est la timide Rita (interprétée par Sally Hawkins) qui est la porte -parole de la cause de ces travailleuses. Le personnage, crée à partir de différents témoignages des vraies ouvrières grévistes, se voit propulsée en première ligne de cette « armée de jupons » comme les journalistes les surnommaient à l’époque. Certaines que l’égalité des salaires est « un droit pas un privilège », leur mouvement aura une grande résonnance auprès de la secrétaire à l’emploi et à la productivité « Batling Barbara Castle». Suite à leur rencontre en juin 68, cette femme politique influente réduisit l’écart de salaire entre les deux sexes et s’engagea à mener un projet de loi pour l’égalité salariale (la loi « Equal pay act » de 1970 et « Equal pay for work of equal value » en 1975).

En choisissant de faire grève ces femmes découvrent aussi le prix de leur revendication: la perte de soutien de leur époux et des ouvriers, la paralysie de l’usine, 30 000 ouvriers menacés de perdre leur emploi, 1 500 voitures par jour qui ne sont pas fabriquées, les manipulations des syndicats, les menaces de délocalisation de Ford. Malgré ces difficultés, elles iront jusqu’au bout de leur cause en restant solidaires afin d’être traitées d’égal à égal.

Dans une ambiance « swinging London », Nigel Cole filme ces femmes, de l’usine Ford  où elles passent quarante heures par semaine, à la cité ouvrière dans laquelle elles résident, jusque dans les rues de Londres où elles manifestent, pour montrer le quotidien de ces grévistes qui doivent jongler entre leur engagement et les difficultés de leur foyer. Ce film énergique et lumineux, parfois un peu trop coloré et doucereux, a au moins le mérite d’évoquer un sujet qui est toujours d’actualité.

Date de sortie cinéma : 9 mars 2011

Réalisé par Nigel Cole
Avec Sally Hawkins, Bob Hoskins, Rosamund Pike
Titre original : Made in Dagenham
Durée : 01h53min Année de production : 2010

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