Théâtre

Léonce et Léna magnifiés à l’Etoile du Nord

Léonce et Léna magnifiés à l’Etoile du Nord

16 juillet 2012 | PAR La Rédaction

Ce n’est pas parce qu’Avignon bat son plein que Paris ne recèle plus de joyaux théâtraux. Dans le cadre du festival « On n’arrête pas le théâtre », L’étoile du Nord propose une vision singulière de l’œuvre de George Büchner, Léonce et Léna. Véritable voyage à travers l’âme humaine, qui mêle musicalité, drôlerie et réflexion, la pièce  est magnifiée par la mise en scène de Eram Sobhani.

Léonce, afin d’échapper à un mariage voulu par son père, le roi, s’enfuit avec son valet, Valerio. La princesse Léna, refusant elle aussi l’alliance, s’enfuit de son côté avec sa gouvernante. Mais, par un hasard de la providence, leurs destins se croisent et ils tombent amoureux l’un de l’autre. Leur chemin, entre rêve et réalité, mêlant désir d’amour et désir de mort, les mène finalement au château du roi. Ils s’y marieront finalement dans la joie et en musique.

Dans cette pièce, Eram Sobhani nous plonge au milieu du texte de Büchner avec finesse, cérémonie et poésie. Ce texte magnifique, satire des classiques et des conventions en littérature traite de l’amour, de la mort et de l’existence avec humour et subtilité. Par sa difficulté et son excentricité, il permet aux acteurs de réaliser une véritable performance, qui s’en imprègnent avec talent.

Le metteur en scène joue brillamment avec l’éclairage pour mettre en exergue le sentiment de solitude et de perdition qu’exprime la pièce. Les acteurs présents mais souvent immobiles et muets illustrent bien le rôle que l’homme s’efforce de jouer au sein de la comédie humaine. Parfois nombreux, les comédiens paraissent continuellement perdus sur le chemin de leur existence.

Les décors plutôt sommaires s’harmonisent parfaitement avec la brutalité du texte et la vision qui s’en dégage, dénuée de toute superficialité. Mais c’est dans l’utilisation de la musique que la mise en scène atteint son apothéose. Elle berce le spectateur à travers cette réflexion sur l’absurdité de la vie et le vide de l’existence en y apportant une ambiance lyrique et solennelle.

Véritable pièce musicale, le piano, les chants et le slam, permettent d’explorer le déchirement de la condition humaine avec légèreté et relativité. Pour reprendre la très belle phrase de l’auteur « la mort est le plus beau des rêves », cette pièce est un magnifique rêve dans les tréfonds de l’âme humaine. Un chef d’œuvre à ne pas manquer cet été !

Léonce et Léna de Georg Büchner, mise en scène d’Erham Sobhani ; création musicale de Yuta Masuda ; avec Stéphane Auvray-Nauroy, Romain Darrieu, Michèle Harfaut, Julien Kosellek, Yuta Masuda, Sophie Mourousi, Laura Clauzel,Cédric Orain et Edouard Liotard. Durée du spectacle: 1h30.

Ruben Moutot.

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La Rédaction

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