Théâtre
Le songe d’une nuit d’été loin d’être éphémère

Le songe d’une nuit d’été loin d’être éphémère

13 octobre 2011 | PAR Thibault Bonnafoux

Depuis son inauguration à la fin du XIXème siècle, le théâtre de la Porte Saint-Martin a souvent alterné entre pièces comiques et pièces romantiques. Jusqu’au 31 décembre, les deux facettes du théâtre y sont mêlées dans une adaptation de Shakespeare plus moderne que jamais.

Lysandre et Hermia s’aiment mais Egée, père d’Hermia, a choisi pour sa fille un autre homme prénommé Démétrius qui lui-même se fait courtiser par Héléna. Mais dans la forêt, toute proche, Oberon, le roi des Elfes, et son complice Puck vont malencontreusement chambouler l’équilibre précaire de ces jeunes grecs en quête d’amour. Sans oublier une troupe de comédiens amateurs venus eux aussi dans cette mystérieuse forêt pour y répéter leur spectacle…

Difficile de ne pas être déconcerté, que l’on soit néophyte ou non de l’œuvre de Shakespeare, lorsque s’ouvre le rideau. L’on est loin d’un décor athénien traditionnel, ici tout a un côté rétro-futuriste. Impossible dès lors de s’imaginer des acteurs dans des costumes d’époque et déclamant sans emphase un texte écrit il y a plus de quatre siècles. Le pari de la modernité, parfois excentrique, Nicolas Briançon l’a voulu et s’y engage avec passion. Néanmoins le début reste poussif, et ce n’est qu’à l’arrivée de la bande de saltimbanques portée par un excellent Yves Pignot que la pièce s’emballe. S’enchaînent alors les tirades entre les amants et à ce jeu là Marie-Julie Baup sort grande gagnante confirmant ainsi son statut d’actrice protéiforme. Les autres comédiens se révèlent tous assez convaincants. Puis vient, enfin, le moment que le public, assez jeune dans l’ensemble, semble attendre avec impatience. Cette sublime mise en abyme du théâtre. Tout le monde retient son souffle pour savourer et rire à gorges déployées pendant ces vingt dernières minutes irrésistibles de drôleries. Lorsque en sortant l’on aperçoit l’affiche du spectacle, on est presque surpris de ne voir y figurer que Mélanie Doutey et Lorànt Deutsch. Car ce ne sont pas deux comédiens mais bien une troupe, véritable celle là, qui a réussi son pari : celui de nous divertir.

TB

 

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Thibault Bonnafoux

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