Théâtre
Le pianiste aux 50 doigts ou l’incroyable destinée de György Cziffra

Le pianiste aux 50 doigts ou l’incroyable destinée de György Cziffra

25 novembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Spectacle de et avec Pascal Amoyel

Pascal Amoyel fut l’élève du grand pianiste György Cziffra, il nous livre ici un concert en mémoire de son maître dans lequel il entreprend également de nous raconter la vie de ce dernier : de la naissance de son talent de pianiste à son premier grand concert.

L’histoire est sombre mais superbe. A l’image, Pascal Amoyel est tout de noir vêtu, faisant ainsi corps avec son instrument. La lumière d’Attilio Cossu joue un rôle essentiel dans la représentation, permettant de passer d’une séquence à une autre et de nous projeter dans le passé de György Cziffra, elle met également en valeur l’ombre du musicien, qui se reflète sur l’écran derrière le piano et semble dotée d’une vie propre comme celle de Peter Pan.

Tout ce qu’un homme peut faire jaillir d’un piano, il le sort et même des sons que nous n’aurions pas imaginés surgir d’un tel instrument. Ce qui distingue le virtuose du musicien lambda, c’est son aisance incroyable avec l’instrument, il ne produit pas péniblement des sons, il ne semble pas y avoir travaillé, il joue, il s’amuse, il survole le clavier. Pour lui, le travail est divertissement, le divertissement passion et la passion accomplissement. L’art est une finalité qui n’a pas besoin d’autre justification. L’éphémère de la représentation ne fait qu’accroître son charme comme la rose éclose séduit parce qu’elle n’éblouit qu’un temps. Nous avons donc droit ici à une heure trente de prodige et nos modestes oreilles de spectateurs sont déjà dépassées par un tel génie manuel. Heureusement, les grandes démonstrations de l’artiste sont ponctuées par de petites séquences qui racontent la vie de son maître et rendent plus humaine cette divine performance. L’artiste nous raconte donc aussi la vie de son mentor de l’apparition de son don à l’accomplissement de son génie. Le concert est  une apogée, le talent du pianiste se laissant petit à petit percer à jour, passant du remarquable à l’extraordinaire. Nous sommes cloués sur nos sièges et nos oreilles ne sont pas prêtes d’oublier une telle représentation. L’élève est passé maître et c’est un des plus grands pianistes du monde que nous avons le privilège de voir jouer.

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Sandrine et Igor Weislinger

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