Théâtre
Cabaret : le mythique musical de Broadway version glam-rock au Théâtre Marigny

Cabaret : le mythique musical de Broadway version glam-rock au Théâtre Marigny

25 novembre 2011 | PAR Liane Masson

Après avoir brillé aux Folies Bergère entre 2006 et 2008, Cabaret est de retour à Paris au Théâtre Marigny. Depuis la rentrée 2011, le mythique musical de Broadway originellement mis en scène par Sam Mendes et Rob Marshall conquit le public parisien dans une nouvelle version plus rock. Un spectacle entraînant et efficace, à voir jusqu’au 8 janvier, avant son grand départ en tournée dans toute la France.

 

Dans le Berlin des années 30, le Kit Kat Club est le lieu de tous les plaisirs et de toutes les perversions. Alors que le nazisme est en pleine ascension, on vient s’encanailler au cabaret avec la plus grande légèreté, dans une ambiance sexy et pailletée. Les hommes s’y bousculent pour y admirer l’envoûtante Sally Bowles (Claire Pérot), reine du club. La belle strip-teaseuse, qui vit dans la misère et rêve de devenir une grande vedette, s’éprend du jeune américain Cliff Bradshaw (Geoffroy Guerrier), fraîchement arrivé en ville pour écrire un roman. Elle s’installe avec lui à la pension de Fräulein Schneider, qui projette quant à elle de se marier avec l’épicier juif Herr Schultz. Mais les évènements politiques vont tout compliquer… Sur fond d’univers décadent et de numéros extravagants, les histoires s’entremêlent et rencontrent la Grande Histoire.

Immortalisé en 1972 par le film de Bob Fosse avec Liza Minnelli, Cabaret est ensuite devenu un musical à succès grâce au talent de Sam Mendes et Rob Marshall, qui montent le show à Londres puis à Broadway dans les années 90. C’est une version inspirée par ces mises en scène mythiques, et intégralement traduite en français, que l’on peut voir en ce moment à Paris. Sur la scène du Théâtre Marigny, le show est indéniablement efficace, entraînant, enlevé, mais il manque parfois de force et de subtilité.

Dans une scénographie épurée, constituée de deux escaliers en colimaçon de part et d’autre de la scène, et d’un grand cadre lumineux accroché en hauteur, le talent des interprètes a toute la place pour se déployer. Les kit kat girls et les cabarets boys, qui nous sont présentés en début de spectacle par un maître de cérémonie provocant à l’allure queer-déjantée (le convaincant Emmanuel Moire), sont au top dans les différents passages chorégraphiés. L’orchestre, installé au balcon, joue un rôle essentiel, accompagnant les chanteurs et rythmant l’ensemble du spectacle avec une belle énergie. Quant à la jeune Claire Pérot, pleine de dynamisme et très bonne chanteuse, elle fait une Sally tout à fait crédible. Mais les rôles qui nous ont le plus touchés sont ceux qu’interprètent avec beaucoup de justesse Pierre Reggiani et Catherine Arditi, (dommage cependant que cette dernière soit moins à l’aise dans le registre chanté), formant sur scène ce couple d’amoureux âgés mais passionnés, séparés malgré eux par les évènements de l’Histoire.

Le look glam-rock des danseurs, composé de vêtements déchirés, de cuir noir et de colliers de chien, donne à ce Cabaret un air néo-punk échappant de peu à la vulgarité. Malheureusement, on peut faire le même reproche à certains choix de mise en scène, qui font parfois glisser le spectacle du côté de la lourdeur, nuisant ainsi à la force de son propos. On pense par exemple à la croix gammée affichée sur les fesses nues du maître de cérémonie ou à ce costume rayé de déporté surgissant de façon surprenante dans un final un peu trop grandiloquent. Malgré cela, Cabaret est un show efficace, qui offre le plaisir de réentendre sur scène des morceaux que l’on aime devenus de grands standards de la comédie musicale (Wilkommen) et nous fait passer dans l’ensemble un agréable moment de divertissement, non dénué d’exigence artistique.

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