Théâtre

Le loup tire la chevillette du rire à la comédie française

27 novembre 2009 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis ce soir, le Studio-Théâtre de la Comédie-Française nous amuse en nous présentant Le Loup, les contes du chat perché de Marcel Aymé mis en scène et en chansons par Véronique Vella. C’est un petit bijou où l’on découvre Michel Vuillermoz en loup espiègle jusqu’au 17 janvier …

© Brigitte Enguérand.
© Brigitte Enguérand.

Delphine (Florence Viala) et Marinette ( Elsa Lepoivre) s’embêtent, comme elles le chantent en canon, jouer à trois, ce serait mieux que jouer à deux…alors quand les parents ( Jérôme Pouly et Sylvia Bergé) s’absentent en leur recommandant « de n’ouvrir la porte à personne, qu’on vous prie ou qu’on vous menace », elles décident d’ouvrir la porte.. au loup (Michel Vuillermoz)…S’en suit un conte joué, mis en scène dans une maison qui ressemble à une maison de poupée. L’effet est provoqué par les ouvertures nombreuses vers la forêt et le fait que les petites filles soient jouées par des adultes, cela provoque une distorsion extrêmement agréable qui place la pièce dans le registre de l’imaginaire dès l’ouverture du rideau. Sur le plateau, les comédiens s’amusent avec le plus grand sérieux, faisant leur le choix brillant de mise en scène de Véronique Vella qui a décidé de garder intacte la narration sans ajouter de narrateur sur scène.

La pièce prend particulièrement son sens quelques jours après le décès de Claude Levis Strauss. C’est bien l’interculturalité qui est ici portée en étendard, puisque les fillettes confrontent d’abord le loup aux stéréotypes qu’il véhicule . Le loup se défend alors « Mais je ne suis pas méchant ! On raconte beaucoup d’histoires sur moi ! ».
Delphine : Et l’agneau alors, l’agneau que vous avez mangé ?
Le loup : L’agneau que j’ai mangé ? Lequel ?
Delphine : Vous en avez mangé plusieurs ?
Le loup en est d’abord gêné puis se resaisit.
Le loup : Vous en mangez bien vous !
Marinette : c’est vrai, on a mangé du gigot à midi.
Les deux fillettes discutent à voix basse. Marinette voudrait qu’on ouvre la porte. Delphine, reste méfiante. Delphine : Et le petit chaperon rouge alors ?
Le loup, à ce souvenir, se lèche les babines.
Le loup : C’est une erreur de jeunesse, je regrette.

Une fois les stéréotypes déconstruits, les fillettes acceptent la rencontre avec cet autre et oublient que le loup est animal pour ne voir en lui qu’un camarade de jeu. Mais, la pièce ne tombe pas dans un manichéisme qui en aurait fait une pièce légère, car faire confiance à l’autre coûte parfois cher et les deux fillettes ont des déconvenues. La morale de l’histoire est superbe : aller à la rencontre de l’autre , s’ouvrir au monde extérieur peut être douloureux..mais cela en vaut la peine..et quelques peurs!

Les Contes du chat perché /Le Loup de Marcel Aymé, mise en scène de Véronique Vella, du 26 novembre 2009 au 17 janvier 2010, du mercredi au dimanche à 18h30 au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, Galerie du Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris. Tél : 01 44 58 98 58. Tout public à partir de 7 ans, 8 à 17 euros.

Rencontre avec le public et l’équipe artistique le jeudi 17 décembre après la représentation.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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