Théâtre
Le crépuscule du Che au Théâtre du Petit Montparnasse

Le crépuscule du Che au Théâtre du Petit Montparnasse

30 janvier 2011 | PAR Claire Linda

Impossible d’évoquer Che Guevara sans penser aux deux opus cinématographiques de Steven Soderbergh avec Benicio Del Toro présentés à Cannes en 2008. Le spectateur était plongé dans la complexité du personnage du Che, sa détermination pendant ces années de guérilla, ses problèmes de santé liés à son asthme. On visualise aussi le portrait du guerilleros au béret étoilé et au regard fièrement tourné vers l’avenir, immortalisé par le photographe Alberto Korda le 5 mars 1960, et largement utilisée à des fins commerciales. La pièce de José Pablo Feinmann, auteur argentin, revient sur l’homme devenu un mythe moderne, et ses engagements politiques dans un texte fort et ambitieux.

La pièce débute dans la forêt Bolivienne en 1967, précisément 18 heures avant la mort du Che (il est venu dans ce pays en 1966 pour contrer la dictature militaire dirigée par le général René Barrientos). L’auteur imagine une rencontre entre le Che et un journaliste, Andrés Cabreira (interprété par Jaques Frantz) durant ces dernières heures qui restent un mystère pour les historiens. Si le texte du Crépuscule du Che a le mérite de bousculer quelques idées reçues sur le romantisme révolutionnaire, la mise en scène n’est pas à la hauteur et les comédiens semblent naviguer avec peine dans les méandres d’un sujet historique qui les dépassent. La mise en scène de Gérard Gelas ne parvient pas à faire émerger l’ensemble qui tire en longueur, et se noie dans des effets d’interprétations et un déploiement d’accents à la limite de la farce. Un portrait peint du Che bascule et s’aplatit sur le plateau en début d’acte révélant un ciel étoilé. Une chanteuse nous fait partager la grâce d’une mélodie, et puis Il y a Olivier Sitruk qui incarne Ernesto Che Guevara. Sa ressemblance physique est troublante. Mais le plaisir de le voir sur scène ne suffit pas à retenir l’attention. Reste le message de la pièce, le Che ne doit pas rester une image publicitaire mais bien un héritage à interroger.

 

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Claire Linda

One thought on “Le crépuscule du Che au Théâtre du Petit Montparnasse”

Commentaire(s)

  • Monique Ivars

    Bonjour,
    je ne trouve pas la programmation du Crépuscule du Ché ailleurs qu’à Paris. Pouvez-vous me dire si cela va tournée ensuite ailleurs et particulièrement vers Nice? (ou Marseille)
    Merci d’avance, cordialement,
    Monique Ivars

    mars 18, 2011 at 8 h 37 min

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