Théâtre

L’acteur Laurent Terzieff nous a quitté…

04 juillet 2010 | PAR Claire Linda

Ce qui frappe chez cet homme de théâtre exigeant, guidé par la vérité et la beauté, c’est la profondeur et l’extrême douceur de son regard, la bienveillance de son sourire, la musique et la lumière de sa voix. Excellence, vérité et talent du jeu, profondeur de l’interprétation, l’acteur et metteur en scène Laurent Terzieff, une des voix les plus vraies du théâtre en France, est décédé vendredi soir à l’âge de 75 ans à l’hôpital de la Salpêtrière. Le monde du théâtre rend hommage à un homme fascinant qui incarnait «l’honneur de la profession». « la dignité même, la noblesse, l’élégance, et le talent ». ( Daniel Mesguich)

« Tout vrai poète est en quête »

« Ce qui serait difficile pour moi c’est de faire des choses faciles » il semble que ce soit dans cette exigence de vie que Laurent Terzieff a construit un parcours particulier voire exemplaire dans un Art Théâtrale qui ne souffre pas les compromis. A personnage singulier parcours singulier. Il a appris le métier «sur le tas» comme machiniste, souffleur, figurant, doublure, puis débute en 1952, grâce à Jean-Marie Serreau, dans «Tous contre tous» d’Adamov. Bien qu’il ait été révélé au cinéma par le grand Marcel Carné dans «Les Tricheurs», bien que Bunuel, Clouzot, Godard, Pasolini lui confient des rôles, Laurent Terzieff, épris d’absolu choisit le théâtre, pour exprimer son amour infini de la langue, et de la poésie qui pour lui « est l’expression même de la vie»

En 1961, il fonde la compagnie qui porte son nom, et qui sera hébergée dans les petits théâtres privés (Lutèce, La Bruyère, Lucernaire). Charismatique, Indépendant,  hors mode, il a révélé des auteurs tels que Andreiev, Mrozek, Milosz et les anglo-saxons James Saunders, Murray Schisgal, Edward Albee.

Récemment, il incarnait avec talent et sensibilité le personnage de Philoctète sous la direction de Christian Schiaretti. Les deux grands Monsieurs du Théâtre souhaitaient depuis longtemps travailler ensemble. Le directeur du TNP de Villeurbane dit de Laurent Terzieff qu’il est « une vérité ».

Le 25 avril dernier, Laurent Terzieff avait obtenu pour ce rôle le Molière du meilleur comédien. Il était nommé pour ses rôles dans deux pièces, «L’Habilleur» dans le théâtre privé et «Philoctète» pour le secteur subventionné.

France Télévisions souhaite lui rendre un ultime hommage et modifie donc ses grilles de programmes. Tout d’abord mardi soir, à 22h45, France 3 diffusera Les Tricheurs, film de Marcel Carmé ayant révélé le comédien. Mercredi soir, à 22h10, France 2 proposera L’Habilleur, pièce de théâtre mise en scène par Laurent Terzieff, dont il tient également le premier rôle.

Les Tricheurs (mardi 6 juillet, à 22h45, sur France 3). Comédie de mœurs d’une bande d’étudiants parisiens aisés de la fin des années 1950, entre rive gauche et Saint-Germain-des-Prés et rive droite du 16e arrondissement de Paris, sur fond de jazz. Avec Jacques Charrier, Pascale Petit, Laurent Terzieff, Jean-Paul Belmondo, Dany Saval, Jacques Perrin, Guy Bedos…

L’Habilleur (mercredi 7 juillet, à 22h10, sur France 2). Janvier 1942, l’Angleterre est en proie aux bombardements nazis, les acteurs valides sont sous les drapeaux, les théâtres brûlent. Dans ce chaos, une troupe de province s’apprête à jouer le Roi Lear. Malgré sa fatigue, ses pertes de mémoire et les bombes, « le maître » chaque soir dirige la troupe et joue…

*Portrait de Laurent Terzieff par Reginald Gray (1981)

*crédit photo Pascal Gely / Agence Bernand ( 2000 )

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Claire Linda

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